Les 2 “députés de Lisbonne” arrivent

L’augmentation du nombre d’eurodéputés français a été décidée par le traité de Lisbonne. En effet, ce traité prévoit d’accorder jusqu’en 2014 dix-huit sièges supplémentaires au Parlement européen à 12 Etats, dont deux pour la France, qui aura ainsi 74 représentants au lieu des 72 élus en 2009. La France, contrairement à d’autres Etats n’ayant pas anticipé cette augmentation, le gouvernement avait proposé un mode de scrutin pour compléter les rangs, proposition validée par le Parlement national. Et oui, ce ne sont pas encore des élections à 100% européennes.

Deux nouveaux parlementaires doivent donc être désignés. C’est à l’Assemblée nationale que ça se passera, dans l’attente des prochaines élections européennes de 2014, par un vote qui interviendra le 6 décembre prochain, par un vote à la proportionnelle… pour 2 postes ! Compte tenu du rapport de forces dans l’hémicycle, cela garantit un siège à la droite et un à la gauche.

Jean Roatta

Pour la droite, c’est le député UMP des Bouches-du-Rhône, Jean Roatta, qui a été désigné mercredi par son groupe comme candidat au Parlement européen. Il était en compétition, dans une primaire, avec Valérie Boyer, elle aussi députée des Bouches-du-Rhône et qui sera sa co-listière le 6 décembre, et Pascale Gruny, députée de l’Aisne.

Yves Cochet

Pour la gauche, c’est le député Vert de Paris Yves Cochet qui avait été désigné candidat des socialistes et des écologistes début novembre.

Les deux nouveaux élus devront abandonner leurs sièges à l’Assemblée nationale, qui sera amputée de deux membres jusqu’à la fin de la session car il n’y a pas d’élections législatives partielles la dernière année de législature.

Ce choix respecte le résultat des élections européennes de 2009. En effet, si la composition à 74 députés européens avait été anticipées, le soir du 7 juin 2009, il y aurait eu un élu supplémentaire pour l’UMP et un pour Europe Ecologie. En revanche, ce ne sont pas dans ces circonscriptions qu’ils auraient dû être choisis, et la parité n’est pas vraiment respectée…

Il découle néanmoins de ce choix un nouveau député européen pour notre eurocirconscription Sud-Est : Jean Roatta. Nous l’interpellerons une fois élu sur les enjeux européens.

Vers une révision de la directive SEVESO II

exemple de site classé SEVESO

Suite à un accident dans une usine chimique à Seveso (Italie) en 1976, l’Union européenne a adopté des mesures pour prévenir et gérer de telles catastrophes. Trente-cinq ans plus tard, alors que les entreprises dites « Seveso » sont rentrées dans le vocabulaire courant, les enjeux ont évolué. La commission parlementaire de l’environnement propose de réviser la directive « Seveso II ». Le Parlement Européen a interrogé le rapporteur sur le sujet János Áder (PPE – HU).

La directive dite « Seveso » doit être révisée. Quels changements soutenez-vous ou proposez-vous ?

János Áder : Les modifications principales sont l’introduction d’un système de classification basé sur des normes internationales et visant à estimer plus précisément les dangers sur la santé et l’environnement ; l’amélioration de la réglementation sur les inspections ; une meilleure prise en compte des effets dominos possibles entre les sites industriels ; un meilleur échange d’information et une meilleure coopération entre les Etats membres ; et enfin l’amélioration de la compétitivité des petites et moyennes entreprises (PME) en diminuant leurs obligations.

Janos Ader (PPE - HU)

Il y a un an, la Hongrie connaissait une inondation de boue toxique. Qu’est-ce que l’Union européenne (UE) a retenu de cette catastrophe ?

JA : Nous nous sommes rendu compte avec regrets que l’UE n’a pas d’instrument financier à sa disposition en cas de catastrophes industrielles. Je crois que l’UE a besoin d’un réseau sûr, d’un cadre efficace pour les assurances. Il faut en discuter dès que possible.

Dans quelle mesure l’accès du public à l’information peut-il améliorer la prévention d’accidents majeurs concernant des substances dangereuses ?

JA : Le changement majeur sera l’alignement de nouvelles obligations concernant les accords internationaux conclus par l’UE au cours de la dernière décennie. Ceci signifie qu’une information actualisée, de meilleure qualité et accessible principalement via Internet sera fournie au public à propos des opérations des entreprises. Par ailleurs, la publication des renseignements sur la façon dont les populations concernées seront prévenues et informées et les actions qu’elles devront prendre serait un grand pas vers l’avant. La démarche proposée consiste à fournir les informations essentielles d’une façon compréhensible pour tous, tout en respectant les préoccupations de sécurité nationale et les légitimes intérêts confidentiels des entreprises.

INTERVIEW REALISEE PAR LE PARLEMENT EUROPEEN

Lutter contre la pêche illégale pour protéger nos ressources halieutiques

Entre 11 et 26 millions de tonnes de poisson sont pêchées illégalement chaque année dans le monde, soit 15 % des prises totales. Ces activités mettent en danger les stocks et nuisent à la diversité biologique : la commission parlementaire des pêches a adopté des mesures pour renforcer et mondialiser la lutte. L’Europe a une responsabilité particulière au vu de sa flotte et de la taille de son marché, le plus grand du monde.Les deux-tiers des océans ne relèvent d’aucune juridiction nationale, les zones économiques exclusives ne s’étendant qu’à 200 milles nautiques des côtes des Etats. De ce fait, il appartient aux grandes organisations internationales (Union européenne, Nations unies et organisations régionales) de développer une stratégie globale et commune pour préserver les ressources halieutiques et protéger l’environnement marin.

Isabella Lövin (Verts/ALE - SE)

« L’Union européenne doit faire davantage en vue de promouvoir une coopération internationale efficace pour lutter contre la pêche illégale », corrobore Isabella Lövin (Verts/ALE – SE), qui prépare la position du Parlement. « Nous devons empêcher les armateurs sans scrupules de changer de pavillon pour fuir leurs responsabilités. Alors que de nombreux stocks de poissons sont déjà sérieusement menacés, la pêche illégale pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase».

Alors que des outils technologiques existent désormais pour contrôler et prévenir la pêche illégale, c’est la volonté politique qui fait défaut, déclarent les députés dans le rapport qu’ils ont adopté unanimement le 11 octobre.
Ils prônent la mise en place de listes noires mondiales des navires pratiquant la pêche illégale ainsi que la multiplication des inspections en mer. Ils préconisent également l’interdiction des transbordements, l’utilisation obligatoire de systèmes de surveillance de navires par satellite et le renforcement des organisations régionales de gestion de la pêche.

Si le marché européen est plus surveillé, le fruit des pêches illégales risque d’inonder d’autres marchés, moins régulés. Pour être efficaces, les mesures doivent donc être soutenues par les États-Unis, le Japon, et la Chine. Les députés exhortent l’UE à les consulter, probablement sous l’égide de l’OMC, en vue de définir des instruments juridiques internationaux.

Pour devenir la position officielle du Parlement, le rapport doit encore être voté en session plénière, probablement à la mi-novembre.

Vers des class actions en Europe ?

L’Américaine Erin Brockovich est devenue célèbre pour avoir enquêté sur une affaire de pollution et représenté des centaines de victimes. En Europe, la possibilité de recours collectifs n’existe pas – du moins pas encore. Un rapport de l’Allemand Klaus-Heiner Lehne l’envisage pour les préjudices mineurs (moins de 2 000 €) mais touchant un grand nombre de consommateurs, souvent réticents à l’idée d’engager des poursuites onéreuses et longues.La tradition juridique européenne reconnaît les plaintes individuelles mais n’a pas, à l’inverse des Etats-Unis, de système visant à faire des recours en tant qu’entité collective. Imaginons par exemple que plusieurs centaines ou milliers de citoyens s’estiment lésés par les agissements d’une entreprise. Il leur sera conseillé, chacun de leur côté, de porter plainte.

Klaus-Heiner Lehne (PPE - DE)

Outre-atlantique, il est possible de déposer des recours collectifs. Pourquoi pas sur le Vieux Continent ? La Commission européenne y réfléchit et l’Allemand Klaus-Heiner Lehne (PPE) prépare la position du Parlement européen. Il estime que les victimes de pratiques illicites devraient pouvoir regrouper leurs demandes d’indemnisations, chose qu’elles ne feraient pas de façon individuelle dû au coût élevé des procédures judiciaires.

Cependant, il n’est pas question pour l’UE de copier totalement le système américain. Le rapporteur envisage un certain nombre de gardes-fous pour éviter les abus.

Pour introduire un recours collectif, le préjudice subi par chaque plaignant ne doit pas excéder 2 000 euros. Ce plafond, proposé par Klaus-Heiner Lehne, ne fait cependant pas l’unanimité chez les députés européens, en témoignent les amendements alternatifs déposés en commission parlementaire.

Une action collective serait envisageable au niveau européen uniquement si accusé et victimes ne sont pas domiciliés dans le même Etat membre et lorsqu’il y a infraction au droit européen. Les victimes doivent être clairement identifiées et elles ne peuvent prétendre qu’au remboursement des préjudices subis, non à des dommages et intérêts.

Enfin, le tribunal compétent est celui ayant juridiction sur l’endroit de résidence de l’entité accusée. Cela doit permettre d’éviter la « course aux tribunaux », à savoir quand les victimes portent plaintes dans les différents tribunaux dont elles dépendent.

Le rapporteur privilégie cependant le recours aux modes alternatifs de règlement des litiges. Il s’agit de mettre autour d’une table victimes et accusés avant toute action en justice pour voir si l’on peut trouver un terrain d’entente. Cela permet de régler les litiges d’une manière plus rapide et moins coûteuse.

Le projet de rapport encourage donc la création de programmes de résolution alternative de conflits au niveau européen. Il plaide pour une obligation légale, selon laquelle les parties concernées seraient tenues de rechercher un consensus avant de se tourner vers la justice.

Les amendements au projet de rapport de Klaus-Heiner Lehne ont été adoptés en commission parlementaire des affaires juridiques mardi 11 octobre.

Négociations climatiques : l’UE doit fait preuve de leadership au niveau mondial

L’Union européenne a agi localement, elle doit maintenant peser de tout son poids au niveau mondial pour que la lutte contre le changement climatique ne reste pas un vain mot. C’est l’essence de la résolution adoptée la semaine dernière par le Parlement européen, en vue du sommet « Rio+20 » qui se tiendra en juin prochain, 20 ans après le premier « sommet de la Terre ». Les députés demandent aux gouvernements européens d’y arriver avec une position commune.

En 1992, le premier « sommet de la Terre » à Rio de Janeiro avait posé les bases d’une prise de conscience mondiale des problèmes écologiques à venir. Vingt ans après, sous l’égide des Nations unies, tous les pays du monde devraient se retrouver à nouveau pour faire un bilan – et surtout voir quelles mesures supplémentaires peuvent être adoptées.

Jo Leinen (S&D - DE)

« Nous avons eu beaucoup d’espoir » en 1992 et « obtenu certains résultats depuis », précise le député Jo Leinen (S&D – DE), président de la commission parlementaire de l’environnement. Il souligne néanmoins que la tendance globale prend une mauvaise direction : « Le fossé entre riches et pauvres s’est creusé, on a abattu de larges zones forestières, on a pratiqué la surpêche… » Il appelle de ses vœux un engagement fort l’an prochain.

Une approche unifiée et ambitieuse

Pour préparer la position commune de l’Union européenne (UE) lors de cette conférence internationale à Rio de Janeiro, les députés ont adopté un rapport signé par le député Karl-Heinz Florenz (PPE – DE). Ils y soulignent que l’UE doit prendre l’initiative au niveau mondial et que, pour cela, elle doit avoir une position claire dès le mois de novembre.

Karl-Heinz Florenz (PPE - DE)

Les députés souhaitent bien entendu apporter leur pierre à cette position. Ils aimeraient que la conférence accouche d’objectifs concrets. Par exemple, ils prônent la fin des subventions nuisibles à l’environnement, demandent une mesure la croissance et de la richesse qui prenne en compte les facteurs environnementaux et sociaux et militent pour une taxe sur les transactions financières dont les revenus aideraient à protéger la biodiversité et le climat dans les pays en voie de développement.

Enfin, ils estiment que les matières premières, l’efficacité énergétique et les forêts devront être au programme de la conférence.

Et maintenant ?

Les Nations unies attendent la position commune de l’Union européenne d’ici au 1er novembre 2011. Les négociations internationales débuteront au printemps prochain et la conférence les clôturera du 4 au 6 juin 2012.

“La crise ne doit pas servir d’excuses pour diminuer les droits des travailleurs”

Juan Somavia, Directeur Général de l'OIT

Un modèle de croissance déséquilibré a creusé les inégalités dans le monde et la crise n’est venue que renforcer cette tendance lourde. C’est l’analyse qu’a livrée le Directeur général de l’Organisation internationale du travail, Juan Somavia,  aux principaux leaders du Parlement européen la semaine dernière. « L’économie réelle doit conduire l’économie globale, et l’économie financière doit être à son service », explique-t-il.

Parlement Européen : Dans un rapport récemment publié, vous expliquez que « le modèle de croissance a augmenté les inégalités dans le monde ». Pouvez-vous l’expliquer ?

Juan Somavia : Aujourd’hui dans le monde, 61 millions de personnes disposent du même revenu global que 3,5 milliards d’autres. Aux Etats-Unis, 0,1 % de la population dispose de 12,6 % des revenus totaux, tandis qu’en Europe 10 % des gens concentrent 50 % de la richesse. Cela est dû à un modèle de croissance qui a augmenté les inégalités et réduit la part des salaires dans le Produit intérieur brut. Il faut réajuster cela.

De la Seconde guerre mondiale aux années 1980 et 1990, l’Europe a réussi à combiner croissance et productivité fortes avec de la justice [sociale] et de bons salaires. Ce n’est donc pas impossible. Il faut revenir à la source des valeurs européennes et faire de la justice [sociale] l’objectif principal. Les politiques économiques et la consolidation fiscale doivent être socialement responsables. Ce que les gens veulent, ce sont des emplois corrects. La qualité du travail définit la qualité d’une société de bien des manières.

Que qualifiez-vous de « travail de qualité » ?

JS : Un travail de qualité repose sur plusieurs facteurs. Le premier est le respect des normes internationales. La crise ne doit pas servir d’excuse pour diminuer les droits des travailleurs. Le second est le dialogue social. Il est plus facile de résoudre les problèmes quand employeurs et employés se mettent autour de la table.

Le troisième élément est la protection sociale. Huit travailleurs sur dix n’ont pas accès à la sécurité sociale dans le monde mais beaucoup de pays en voie de développement s’y dirigent, y compris l’Inde, la Chine, le Brésil, le Mexique et le Chili. Il faut empêcher les gens de tomber dans la pauvreté en les protégeant et en leur donnant du pouvoir. L’économie réelle doit conduire l’économie globale, et l’économie financière doit être à son service.

Quel impact a eu la crise financière sur les normes du travail et les politiques sociales ?

JS : La crise financière est devenue une crise économique et cette crise économique s’est transformée en crise sociale, avec des pertes d’emploi, l’augmentation de la pauvreté et le creusement des inégalités. Aujourd’hui 200 millions de personnes n’ont pas d’emploi. De plus, on tend à se servir de la crise pour diminuer les droits des travailleurs.

Je crois qu’il est extrêmement important de continuer à se baser sur les valeurs qui ont fondé l’Union européenne : les droits fondamentaux de l’homme, les droits au travail et la protection des individus. L’économie sociale de marché consiste à améliorer le bien-être des gens. Ce lien logique a été perdu dans notre modèle de croissance, qui n’a pas créé assez d’emploi et qui a produit trop d’inégalités.

Tout cela peut changer mais il faut de la volonté politique. Il est aujourd’hui dans l’intérêt de l’Europe de (r)établir le lien avec ceux qui sont mécontents et distants de l’élite politique.

Que peut faire le Parlement européen en ce sens ?

JS : Je respecte énormément le Parlement européen et son soutien à des politiques très importantes dans le monde, comme la dimension sociale de la mondialisation, le Pacte mondial pour l’emploi et les lois sur la protection sociale. Le monde a actuellement besoin de systèmes forts, au centre desquels se trouvent les parlements et les sociétés civiles.

Dans beaucoup de systèmes politiques, la crise a été perçue comme un enjeu pour les prochaines élections. Les pays devraient plutôt se rassembler et décider de la meilleure façon d’avancer.

Le Parlement européen dispose de cette capacité à voir l’intérêt général. Il fait face à de grands et difficiles défis. Il doit faire preuve de leadership et renouer le lien entre les politiques et la population.

INTERVIEW REALISEE PAR LE PARLEMENT EUROPEEN

La Commission fait des propositions contre la corruption

Chaque année, 120 milliards d’euros disparaîtraient en Europe du fait de la corruption, soit 1 % du Produit national brut européen. Les Européens sont bien conscients du problème : 80 % des citoyens estiment que c’est un problème majeur dans leur pays. De nombreuses mesures législatives existent mais elles ne sont pas mises en œuvre correctement, souvent du fait d’un manque de volonté politique. Les députés ont débattu d’un plan d’action proposé par la Commission européenne, mercredi 31 août.

Selon la Commission européenne, qui a présenté ses propositions aux députés de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieure, le cadre légal de la lutte anticorruption s’est beaucoup développé en Europe au cours des dix dernières années.

Il est maintenant bien en place mais c’est sa mise en œuvre qui poserait problème. «[Cela] traduit l’absence d’un véritable engagement politique des dirigeants et des décideurs pour s’attaquer à la corruption sous toutes ses formes », estime la Commission.

Face à cela, elle propose de créer un nouveau mécanisme de mesure des efforts anticorruption dans l’Union européenne. Ce « rapport anticorruption » devrait pointer les tendances et faiblesses auxquelles il convient de remédier. Publié tous les deux ans à partir de 2013, il serait compilé à partir des mécanismes déjà existants, des observations d’experts indépendants, de la société civile… Il n’ajouterait donc pas de charge administrative supplémentaire aux Etats membres.

Par ailleurs, la Commission prône la participation au groupe d’Etats contre la corruption du Conseil de l’Europe (GRECO).

Louis Michel (BE - ADLE)

Les députés se sont réjouis des mesures proposées.

« Ce dont nous avons besoin, c’est de volonté politique pour s’attaquer au problème », a souligné Timothy Kirkhope (UK – ECR). « Il faut amener le Conseil de l’UE (représentant les Etats membres, ndlr) à prendre position, d’une façon ou d’une autre», a renchéri Louis Michel (BE – ADLE).

Néanmoins, les élus ont regretté que le « rapport anticorruption » ne soit publié qu’à partir de 2013 et seulement tous les deux ans. Ils ont demandé que ceux qui dénoncent des faits de corruption soient mieux protégés et que les enquêtes soient plus rapides.

Enfin, ils ont reconnu qu’ils avaient eux-mêmes, en leur qualité de représentants élus, à servir d’exemple, et qu’ils devaient faire montre de leur fermeté face à la corruption.

Autres propositions de la Commission Européenne :

  • Moderniser les règles concernant la confiscation des avoirs acquis illégalement
  • Améliorer les statistiques sur la corruption
  • Renforcer la formation des fonctionnaires chargés de faire respecter les lois anticorruption
  • Moderniser les lois européennes en matière de passation de marchés publics
  • Intensifier la coopération judiciaire et policière entre Etats membres

La Cour des Comptes de l’UE épingle les mesures d’aides agroenvironnementales

L’agroenvironnement constitue l’une des principales politiques de l’UE. Les fonds de l’UE qui y sont consacrés représentent 2,5 milliards d’euros par an ! Ils doivent permettre de répondre à la demande croissante de la société en matière de services environnementaux. La gestion de cette politique est partagée entre la Commission Européennes et les États membres.

Les paiements agroenvironnementaux se caractérisent par un large éventail de pratiques agricoles dans les États membres et par le fait que la participation des exploitants agricoles est facultative. Dans ce contexte, l ’audit que la Cour des comptes a mené a consisté à déterminer si cette mesure de développement rural est conçue et gérée de manière satisfaisante.

La Cour a constaté que les objectifs définis par les Etats membres sont nombreux et trop imprécis pour déterminer s’ils ont ou non été atteints. Bien que les programmes de développement rural fassent référence aux pressions sur l’environnement, celles-ci peuvent difficilement constituer une justification claire des paiements agroenvironnementaux. La mise en œuvre d’un cadre commun de suivi et d’évaluation constitue un progrès en ce qui concerne les systèmes de suivi, et quelques exemples de bonnes pratiques ont également été relevés en dehors de ce cadre. D’importants problèmes ont cependant été constatés en ce qui concerne la pertinence et la fiabilité des informations de gestion. En particulier, les informations disponibles concernant les avantages environnementaux des paiements agroenvironnementaux étaient très peu nombreuses.

Les exploitants agricoles jouent un rôle décisif dans la mise en oeuvre des paiements agroenvironnementaux, et il importe qu’ils reçoivent un soutien approprié sous la forme d’orientations et que les montants des aides soient suffisamment incitatifs à leurs yeux. Les systèmes visant à fournir des orientations aux exploitants agricoles étaient généralement mis en œuvre de manière satisfaisante. Cependant, des problèmes matériels considérables concernant les montants des aides ont été relevés, allant de déficiences au niveau de leur calcul à une différenciation insuffisante en fonction des caractéristiques des sites au niveau régional ou local.

La législation communautaire dispose que les Etats membres sont tenus d’apporter un soutien en fonction de besoins particuliers. Cependant, l’audit de la Cour des Comptes a fait apparaître que la plupart des dépenses étaient consacrées aux sous-mesures horizontales, sans procédure de sélection. Ces dépenses n’étaient pas étayées par des décisions relatives au degré de ciblage souhaité, sur la base des coûts encourus. De plus, les décisions sur lesquelles reposait la gestion n’étaient pas suffisamment fondées sur des éléments probants, et les paiements n’étaient pas ciblés sur des problèmes environnementaux spécifiques.

La Cour des Comptes de l’UE fait donc des recommandations, principalement adressées à la Commission Européenne et demande que :

  1.  la Commission et les États membres explicitent et justifient davantage les sous-mesures agroenvironnementales, tout en améliorant les rapports correspondants ;
  2. la Commission évalue plus rigoureusement les éléments clés des programmes de développement rural avant de les approuver ;
  3. pour la prochaine période de programmation, la Commission examine si :
  • les dépenses agroenvironnementales ne devraient pas être ciblées avec une plus grande précision ;
  • le taux de contribution de l ’UE ne devrait pas être supérieur pour les sous-mesures présentant un potentiel environnemental accru ;
  • une distinction ne devrait pas être clairement établie entre les mesures agroenvironnementales simples et celles qui sont plus ambitieuses ;
  • les Etats membres ne devraient pas gérer les paiements agroenvironnementaux de manière plus dynamique.

Distinguer les sites remarquables de l’histoire et de l’idée européenne

Chrysoula Paliadeli (EL - S&D)

Un label distinguant les sites européens à forte valeur symbolique : c’est la proposition de la Commission européenne qui a été soutenue par les députés européens de la commission parlementaire de la culture. La Porte de Brandebourg, la maison de Robert Schuman ou le Capitole pourraient compter parmi les premiers bénéficiaires de ce nouveau label.

Entretien avec la Grecque Chrysoula Paliadeli (S&D), rapporteur pour le Parlement sur le sujet.

Quel est le but d’un label du patrimoine européen ?

Chrysoula Paliadeli : L’objectif principal est la cohésion entre les citoyens européens, avec une attention particulière portée aux jeunes. La culture rassemble les gens – le programme d’échange universitaire Erasmus en est un exemple. Elle donne le sentiment d’appartenir à un groupe qui vit ensemble dans la diversité.

Cela donne aussi l’opportunité aux Etats de coopérer entre eux. Par exemple, la France pourrait proposer un site avec l’Allemagne. Nous devons et voulons rapprocher les institutions européennes des citoyens.

Ce label européen est-il similaire au Patrimoine mondial labellisé par l’UNESCO ?

CP : Non. L’UNESCO distingue des monuments du fait de leur beauté architecturale, esthétique ou naturelle. Le label du patrimoine européen est plus symbolique, en lien avec les valeurs et les idées comme la démocratie, la liberté et la coexistence dans la diversité.

Comment les sites se verront-ils décerner ce label ?

CP : Il y aura des experts qui choisiront les sites au niveau national, puis ces candidatures seront étudiées par un jury. Les membres du jury seront sélectionnés en fonction de leur degré d’expertise, après proposition par les Etats membres : historiens, architectes, sociologues… Ils décerneront le label en gardant en tête ses objectifs : valeur symbolique, éducation, cohésion, rapprochement de l’Union européenne avec ses citoyens.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR LE PARLEMENT EUROPÉEN

Vos eurodéputés viennent vous rencontrer ce soir !!

Ce soir, les associations européennes de Lyon vous convient à une conférence débat autour de 5 députés européens de l’euro-circonscription SUD-EST. L’occasion de leur poser vos questions sur les affaires européennes.

 

Les 5 eurodéputés sont :

- Jean-Luc BENNAHMIAS (ADLE)

- Michel DANTIN (PPE)

- Sylvie GUILLAUME (S&D)

- Michèle Rivasi (Verts/ALE)

- Marie-Christine VERGIAT (GUE)

 

17, quai Claude Bernard, Lyon 7ème

Cela se déroulera à l’Université Lumière Lyon II à 19h dans le Grand Amphithéâtre (17, quai Claude Bernard, 69007 LYON – Tram T1 Quai Claude Bernard).

Le débat sera animé par Fabien Cazenave de Touteleurope.eu et co-créateur du webzine Taurillon.

Les Jeunes Européens – Lyon et l’ensemble des partenaires de l’événement vous attendent pour dialoguer avec nos eurodéputés un an après leur entrée en fonction.

Posez vos questions par écrit à l’adresse suivante :

debateurope2010@gmail.com

A ce soir !

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