Barroso propose la nouvelle composition de la Commission Européenne

La liste des 27 commissaires européens qui doivent former la nouvelle Commission Européenne a été dévoilée en début de week-end. Cette liste est encore provisoire dans la mesure où le Parlement Européen doit auditionner l’ensemble des candidats avant que la nouvelle Commission puisse officiellement commencer à travailler.

Le poste de Président est connu depuis maintenant 3 mois, ce sera encore une fois le portugais José Manuel Duraõ Barroso. La première vice-présidente a été nommée dans le cadre des nominations découlant de l’adoption du Traité de Lisbonne : Catherine Ashton qui est aussi Ministre des affaires étrangères de l’UE.

Les 6 autres vices-présidents sont uniquement des commissaires sortants. Il y a l’espagnol Joaquin Almunia qui passe des affaires économiques et monétaires à la politique de concurrence. Neelie Kroes précédemment chargée de la Concurrence sera maintenant chargée de l’économie numérique. L’italien Antonio Tajani qui s’occupait des transports, s’occupera désormais de l’Industrie. L’estonien Siim Kallas qui était responsable de l’administration, sera maintenant commissaire chargé des transports. La luxembourgeoise Viviane Reding passe, quant à elle, de l’économie numérique à la Justice et à la protection des droits fondamentaux. Son portefeuille inclura aussi la citoyenneté. Enfin, dernier Vice-président, le slovaque Maros Sefcovic qui s’occupait de l’éducation, de la formation, de la culture et de la jeunesse sera dorénavant le commissaire chargé de l’administration et des relations inter institutionnelles.

Pour les autres sortants, le letton Andris Piebalgs passe de l’énergie au développement, la chypriote Androulla Vassiliou passe de la santé à l’éducation, jeunesse, culture et multilinguisme, le belge Karel de Gucht passe du développement au commerce, le lituanien Algirdas Semeta passe de la programmation financière et du budget au commissariat chargé de l’union douanière et des politiques antifraudes. Le slovène Janez Potocnik passe lui de la recherche à l’environnement. Enfin, le finlandais Olli Rehn passe de l’élargissement aux affaires économiques et monétaires.

Côté petits nouveaux, certains auront de lourdes responsabilités. C’est le cas de la suédoise Cécilia Malmström qui sera en charge des affaires intérieurs. Le roumain Dacian Ciolos aura la charge de l’agriculture. L’emploi et les affaires sociales sont confiées au Hongrois Laszlo Andor. La protection des consommateurs et la santé sera un commissariat dirigé par le maltais John Dalli. Le polonais Janusz Lewandowski aura la responsabilité du budget et de la programmation financière. Moins nouveau celui-ci, puisqu’il fait son retour à la Commission Européenne, le français Michel Barnier aura la charge du Marché intérieur et des services. Il quitte donc son fauteuil de député européen.

L’Allemand Günter Oettinger sera le nouveau commissaire chargé de l’énergie. Un nouveau commissariat, celui de l’action climatique, sera dirigé par la danoise Connie Hedegaard. La pêche et les affaires maritimes seront entre les mains de la grecque Maria Damanaki. La politique régionale sera emmenée par l’autrichien Johannes Hahn. La recherche, l’innovation et les sciences sont réunies dans un commissariat qui sera dirigé par l’irlandaise Maire Geoghegann Quinn. Le tchèque Stefan Füle sera responsable de l’élargissement et de la politique européenne de voisinage alors que la bulgare Rumiana Jeleva sera en charge de l’aide humanitaire.

Télécoms et accès à Internet : le Parlement Européen confirme les nouvelles règles

Siège strasbourgeois du Parlement Européen

Le Parlement Européen a adopté le 24 novembre 2009 une révision majeure du secteur des télécoms européens. Les nouvelles règles – qui devront être appliquées par les Etats membres dans les 18 prochains mois – renforcent les droits des internautes en offrant des garanties pour la liberté d’accès à la toile, protègent les données personnelles des consommateurs et stimulent la compétition entre les opérateurs.

La nouvelle directive-cadre sur les télécommunications (“paquet télécoms”) a été adoptée en troisième et dernière lecture par 510 voix pour, 40 contre et 24 abstentions.

Catherine Trautmann

Mme Catherine Trautmann (S&D, FR), rapporteur du dossier législatif au Parlement, a déclaré à l’Assemblée : “nous avons voulu nous assurer que les droits des citoyens ne seront jamais bafoués, méprisés ou ignorés. C’est la première fois qu’un texte de cette nature (…) lie l’internet à l’exercice des droits et libertés fondamentaux”.

“Cette législation offre un bon exemple de l’impact réel de notre travail sur la vie quotidienne des citoyens”, a souligné le Président du Parlement européen, M. Jerzy Buzek. “Je suis ravi que ce Parlement ait contribué au renforcement des droits des internautes”.
Accès à internet : garanties des procédures judiciaires

L’accès d’un utilisateur à Internet pourra être restreint seulement si cela est jugé nécessaire et proportionné au terme d’une procédure juste et impartiale tenant compte du droit pour l’internaute d’être entendu, de la présomption d’innocence et du droit à la vie privée.
Les Etats membres devront transposer ces garanties dans leur législation nationale avant le 24 mai 2011. Les internautes pourront alors se référer à ces dispositions lors de procédures judiciaires engagées contre une décision de limiter leur accès à internet.
Réforme du secteur des télécoms

La nouvelle législation règlemente aussi :
- l’harmonisation du spectre radioélectrique dans l’UE, dans le but de faciliter la transition de la télévision analogique vers le numérique d’ici 2012 ;
- la coopération entre les opérateurs télécoms européens ;
- la “séparation fonctionnelle” : les opérateurs dominants devront effectuer une séparation entre leurs réseaux de communication et la prestation de leurs services commerciaux.
Un Organe des Régulateurs Européens des Télécommunications  Electroniques (BEREC) sera établi, avec pour objectif de superviser la mise en œuvre de la nouvelle législation européenne.
Droits des consommateurs et protection des données personnelles

La nouvelle législation permet le transfert d’un numéro de téléphone portable (GSM) lors d’un changement d’opérateur et établit l’obligation d’obtenir le consentement des utilisateurs avant l’installation de “cookies” sur leurs ordinateurs.

Réactions de la Presse Européenne sur Ashton et Van Rompuy

La presse européenne se montre, vendredi 20 novembre, très critique sur les nominations à Bruxelles du premier ministre belge, Herman Van Rompuy, comme premier président de l’Union européenne et de la Britannique Catherine Ashton au poste de haut représentant de l’UE aux affaires étrangères.

Le Parisien titre “Un homme discret à la tête de l’Europe” et se demande si M. Van Rompuy et Mme Ashton auront “assez de poids pour faire vivre ces deux nouveaux postes créés par le traité de Lisbonne”. Le correspondant à Bruxelles de Libération, Jean Quatremer, qualifie de son côté M. Van Rompuy de “président pour la déco”. “Pour son premier acte, poursuit-il, l’Europe du traité de Lisbonne a donc fait le choix de personnalités qui ne dérangent personne. (…) A défaut d’avoir nommé un représentant de la ‘Nouvelle Europe’, les Vingt-Sept ont au moins réussi à désigner une femme, mais pas la plus brillante.”

[...]

Le journal espagnol El Mundo est lui aussi dubitatif à propos de “ces deux inconnus sur la scène européenne et encore plus internationale” qui “assumeront la représentation des Vingt-Sept dans le monde”. Encore plus sévère, El Pais parle de “deux figures ternes et de bas profil” qui commanderont la “Nouvelle Europe”.

La presse allemande juge également les nommés incapables d’incarner une voix européenne forte. “Ces deux personnalités peuvent-elles incarner cet élan promis par ceux qui nous gouvernent ? Le traité de Lisbonne est la version quelque peu allégée de ce qui avait à l’origine été baptisé ‘Constitution de l’UE’. Le mot était trop grand pour les ambitions des Européens. Ceux de ministre des affaires étrangères et de président de l’UE ont maintenant l’air bien grands”, affirme ainsi le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Egalement impitoyable, le Financial Times estime que “le choix de deux personnalités relativement inconnues est un objet de consternation pour ceux qui voulaient donner plus de poids à l’Europe sur la scène mondiale”. Pour le Guardian, ces choix font s’envoler “tous les espoirs de l’Europe de forcer le monde à lui prêter une attention nouvelle”. “Le continent, la nuit dernière, s’est éloigné de la table des grands, manquant une chance réelle de se maintenir au niveau du monde du G2, dominé par les pôles jumeaux Washington et Pékin”, conclut le quotidien. Quant au Daily Telegraph, il souligne le “manque d’expérience diplomatique” de Mme Ashton. “Ces choix révèlent la réticence des gouvernements à transférer trop de pouvoir à Bruxelles”, analyse le quotidien.

Même la presse belge ne se montre pas tendre avec le futur ex-premier ministre du pays. L’éditorialiste du Soir Jurek Kuczkiewiczl explique que le choix de M. Van Rompuy n’était pas très controversé : “Aucun dirigeant européen ne le connaissait trop bien, puisqu’il n’a pas eu le temps, en un an, de se faire des ennemis. Personne n’avait donc trop d’arguments à opposer à sa nomination.”

Mais, dans son ensemble, la presse belge est partagée entre fierté et inquiétude de voir partir le “sauveur” du pays. [...] La Belgique va-t-elle maintenant replonger ? [...]

Le Monde.fr avec AFP

Fades nominations au sommet

Le Conseil Européen, l’organe réunissant les chefs d’Etats et de gouvernements des Etats Membres de l’UE, a procédé aux nominations découlant du Traité de Lisbonne ce jeudi 19 novembre 2009.

Herman Van Rompuy

Ils ont en effet nommé le Président du Conseil Européen, déjà Président de l’Europe pour la Presse. Cette haute fonction européenne sera donc occupée pour deux ans et demi par le Belge Herman Van Rompuy (prononcez “rompeuille”). Cet homme était jusqu’à présent le Premier Ministre du Royaume des Belges. Il avait réussi à sortir la Belgique de la crise politique dans laquelle elle s’était plongée à la suite des élections fédérales de 2007. Maintenant qu’il est élevé au rang de Secrétaire général des Etats, euh, pardon, de Président du Conseil Européen, la crise politique pourrait revenir rapidement en Belgique, notamment pour trouver un successeur à Van Rompuy. Le nom d’Yves Leterme est déjà avancé par les quotidiens Le Soir et La Libre Belgique.

Catherine Ashton

L’autre personne nommée hier est une femme, puisqu’il en fallait une dans le trio européen Président du Conseil Européen, Président de la Commission et Haut Représentant aux Affaires Étrangères. Elle est de gauche, puisqu’il fallait aussi quelqu’un de gauche dans ce même trio. Et c’est la Britannique travailliste Catherine Ashton qui a été capturée vivante dans cette véritable chasse à l’homme, ou plutôt chasse à la femme de gauche. Elle sera donc la ministre des affaires étrangères de l’UE. Aucune expérience en la matière, ce choix est étrange. Il relève en tout cas très bien la volonté des États de ne pas déléguer trop de pouvoirs en la matière. Catherine Ashton risque aussi de traîner avec elle le boulet Tony Blair ! En effet, Ashton était présidente de la chambre des Lords lorsque Tony Blair s’est empressé de suivre W Bush dans la guerre en Irak. Dernièrement, Catherine Ashton était commissaire européenne en charge du commerce. Elle avait remplacé le très controversé Peter Mandelson. Ashton sera donc également Vice-présidente de la Commission Européenne pendant les 5 prochaines années. Le duo Barroso – Ashton à la Commission est assez catastrophique pour l’avenir de l’Europe !

En nommant Van Rompuy à la Présidence du Conseil des 27, les dirigeants européens envoient un signal fort d’immobilisme à venir sur la scène européenne. Les chefs d’États et de gouvernements, Merkel et Sarkozy en tête, veulent continuer à avoir la main sur ce qui se fait en Europe. Espérons qu’en Van Rompuy sommeille un battant europhile convaincu qui se réveillera lors de sa prise de fonction le 1er janvier 2010… C’est beau de rêver !

Le mag Vert de Touteleurope.fr

Voici le mag vert de Touteleurope.fr sur le sommet de Copenhague 2009.

Beaujolais Européen



DE SOLIDARNOSC A LA CHUTE DU MUR DE BERLIN :

LA GENESE DE L’UNITE EUROPEENNE

Avec Mariusz Ochmanski, historien

JEUDI 19 NOVEMBRE 2009 18h30

LE TROQUET DES SENS

34, rue des Remparts d’Ainay, 69002 Lyon

Métro A – Ampère – Victor Hugo

Dégustation du Beaujolais Nouveau

Distribution de goodies

Cet événement des Jeunes Européens – Lyon est labellisé par la représentation française de la Commission Européenne dans le cadre de la célébration des 20 ans de la chute du mur de Berlin.

affiche du café débat

Faire le mur – 13/11/2009

Dans le cadre des célébrations des 20 ans de la chute du Mur, le Goethe Institut a le plaisir de vous annoncer l’événement FAIRE LE MUR !


Création et destruction d’un mur de Berlin
Vendredi 13 novembre (de 9h à 18h)

Suivi d’un pot de célébration de 18h à 19h
Place Antonin Jutard, Lyon 7ème (Métro Guillotière)

Un mur peint sera installé et l’œuvre sera détruite symboliquement à 18 h lors d’un pot de célébration. Le jeune artiste lyonnais Jonathan Seize Bessaci, présentera une fresque inédite évoquant l’évènement. Les passants seront également invités à participer toute la journée à la réalisation de dessins et d’inscriptions.

Evénement organisé par Nicolas Jacquard, Jeune ambassadeur de l’OFAJ (Office Franco-Allemand pour la Jeunesse).
Contact : 06 87 80 56 30

Les festivités se poursuivront à deux pas, à la Plateforme, pour  la soirée

Echo Sonore 77 Berlin, Meine Liebe
organisée en partenariat avec Arty Farty

Avant la chute 19h30 - Minuit
19 h 30 : OUVERTURE
20h00 : DOCUMENTAIRE, Berlin, New-York et la musique underground, 2009
21h00 : Dj set neue Deutsche welle & buffet berlinois
22h00 : HOLGER HILLER (Mute / Berlin – Allemagne) Live
23h00 : FELIX KUBIN (Gagarin rec / Hambourg – Allemagne) Live

 

Après la chute Minuit – 5h
TAMA SUMO (Ostgut Ton – BERGHAIN / Berlin – Allemagne) Dj set
BEN KLOCK (Ostgut Ton – BERGHAIN / Berlin – Allemagne) Dj set

 

La Plate-forme, 4 quai Augagneur (69003)

Entrée : de 8 euros à 13 euros

 

Les photos du mur des JE Lyon

Les Jeunes Européens – Lyon ont participé ce lundi 9 novembre 2009 à l’action pan-européenne de la JEF Europe célébrant dans toute l’Europe les 20 ans de la chute du mur de Berlin.

Voici quelques photos prises cet après-midi, rue de la République à Lyon.

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Merci à tous les adhérents et sympathisants des Jeunes Européens – Lyon qui ont participé à la réalisation de cet événement que ce soit pour la conception du mur ou pour la mobilisation du 9/11/2009.

Chute du mur… à Lyon

COMMUNIQUE

Les Jeunes Européens – Lyon vont participer ce lundi 9 novembre 2009 à l’action paneuropéenne des Jeunes Européens – Fédéralistes visant à commémorer les 20 ans de la chute du mur de Berlin.

Comme dans plus de 50 autres villes à travers l’Europe, le groupe lyonnais va construire un mur pendant l’après-midi du 9 novembre. A la fin de la journée, les jeunes militants détruiront ce mur pour célébrer la chute du mur à Berlin le 9 novembre 1989.

Le 9 novembre 1989 est une date historique pour l’Europe. C’est en effet ce soir là qu’a eu lieu non seulement la réunification d’un peuple, mais aussi la fin d’un système politique liberticide. Cet événement a fait naître enfin la possibilité de voir un jour une réunification de toute l’Europe.

Cette réunification a eu lieu même si elle n’est pas encore achevée. Avec l’élargissement de l’Union Européenne vers l’est et le centre de l’Europe en 2004 et en 2007, une partie de l’Europe est désormais unifiée. Mais il existe encore des murs en Europe.

La politique des visas sépare encore les Européens. Les Jeunes Européens demandent que tous les États de l’Union Européenne suppriment ces visas qui empêchent encore les citoyens de se déplacer librement. Il y a encore des pays en Europe qui peuvent demander jusqu’à 120€ pour délivrer un visa. Dans ces mêmes pays, cela représente une somme excessivement élevée. De plus, les prix élevés ne garantissent ni une approbation ni un processus juste et transparent. Les visas représentent donc un mur invisible qui sépare les citoyens européens. Il est temps de faire tomber ce mur.

Lundi 9 novembre 2009, Les Jeunes Européens – Lyon se retrouveront à 15h à Europe Direct (13, rue de l’Arbre-Sec, 69001 Lyon) et iront ensuite dans les rues de Lyon pour monter le mur et le décorer. Les passants seront appelés à écrire un message sur ce mur. A la fin de la journée, ce mur sera détruit publiquement. Les Jeunes Européens – Lyon se dirigeront ensuite vers le Goethe Institut ou alors vers le cinéma Le Comoedia pour la projection du film Good Bye Lenin de Wolfgang Becker. Cette projection organisée par le Mouvement Européen – Rhône, Europe Direct et la Maison de l’Europe sera suivie d’un débat.

Le jeudi 19 novembre à 18h30, Les Jeunes Européens – Lyon recevront, au TROQUET DES SENS (34, rue des remparts d’Ainay, 69002) M. Mariusz Ochmanski, Historien, pour un tour d’horizon de l’Europe à l’est entre Solidarnosc et la chute du mur de Berlin. Cet événement labellisé par la Représentation française de la Commission Européenne permettra de dialoguer sur les différents événements qui ont permis l’unité européenne. Cadeaux et Beaujolais seront aussi de la soirée.

Qui est Jan Peter Balkenende ? Un alter-européen !

Balkenende 1

Jan Peter Balkenende

Balkenende, une candidature alternative

Parti tambour battant, Tony Blair n’a finalement pas fait long feu une fois les choses sérieuses commencées.   La faute à un passif politique pesant (Guerre en Irak, soutien à l’administration Bush, « blairisme » vieillissant) et a une candidature pas assez européenne qui a même fini par gêner ses plus fervents défenseurs : « Le fait que la Grande-Bretagne ne soit pas dans l’euro, reste un problème » dixit Nicolas Sarkozy. Au chancelier autrichien Werner Faymann de surenchérir : « Nous avons besoin d’un candidat qui ne soit pas pour Bush mais pour Obama ».   Blair exit, Jean-Claude Juncker semblait le parfait postulant : légitimité nationale (Premier Ministre du Luxembourg depuis 1995), légitimité européenne (Président de l’Eurogroupe depuis 2004), sens aiguisé du consensus. Pourtant, il ne l’est pas resté longtemps. Si Juncker a réussi à endiguer la candidature Blair, il s’y ait brûlé les ailes en perdant le soutien de Londres.   Dans ce contexte, l’officieuse candidature de Jan Peter Balkenende apparaît comme une alternative aux frictions anglo-luxembourgeoises. Alternative, aux atouts certains : Balkenende vient d’un « petit » État-fondateur (les Pays-Bas), il est dirigeant politique depuis plusieurs années et connu pour ne pas faire de vagues.

Balkenende, un candidat alter-européen

Plus précisément, Jan Peter Balkenende est l’actuel Premier Ministre, démocrate-chrétien, des Pays-Bas et ce depuis le 22 juillet 2002.   Qui dit démocrate-chrétien, dit consensuel, ce qui n’est pas un défaut, au contraire, pour un poste qui demande d’être le représentant des vingt-sept chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Au printemps dernier, Balkenende avait estimé lors d’un entretien accordé à Radio Nederland Wereldomroep qu’il souhaitait que l’Europe, pour répondre à la crise et à ses corollaires à commencer par le chômage, s’empare du fameux « modèle polder » hollandais « où le patronat, les syndicats et le gouvernement négocient afin de parvenir à un consensus dans laquelle chaque partie se retrouve ».   Plus gênant – c’est un euphémisme – est son passif alter-européen. En 2005, il avait refusé de se mouiller pour défendre le traité instituant une Constitution pour l’Europe (TCE). Son impopularité d’alors avait été interprétée comme l’une des causes du rejet du TCE par les Néerlandais lors du référendum du 1er juin 2005. Lors des négociations qui ont mené au traité de Lisbonne, Balkenende fait partie des dirigeants européens qui demandent que les symboles européens (drapeau à douze étoiles, Ode à la joie de Beethoven, devise « unis dans la diversité ») soient enlevés du traité. L’Europe politique n’a plus alors le vent en poupe après les deux « non » français et néerlandais.   De quoi sans nul doute agacer celles et ceux qui revendiquent, pas plus tard que la semaine dernière, que les valeurs européennes ne soient pas oubliées de cette course à la Présidence. Ceux-là seront rassurer d’apprendre que la contre attaque s’organise. Un groupe facebook a été créé contre lui : « Non à Jan Peter Balkenende comme Président du Conseil européen ».

Balkenende, symptôme d’une Europe à bout de souffle ?

Évoquer une « Europe grippée » voire « malade » est un classique qui a de quoi agacer. Et pourtant, comment qualifier l’Union européenne autrement qu’ « à bout de souffle » quand, après Tony Blair les couloirs bruxellois et les bruits qui s’y échappent nous glissent à l’oreille le nom de Balkenende, un leader à la vision molle de la construction européenne ?   Il faut, tout de même, prendre la mesure de cette « candidature » qui est portée par un homme d’État donnant autant envie d’Europe qu’un Jacques Chirac qui serait encore au pouvoir, qui aurait expressément demandé que les symboles européens soient enlevés du traité de Lisbonne, qui aurait eu l’accord de ses vingt-six partenaires et qui, pour toutes ces preuves d’europhilie, deviendrait l’un des outsiders les plus crédibles pour présider, le premier, le Conseil européen. Cette histoire est digne de Samuel Beckett – j’en appelle aux splendides Vladmir et Estragon !

Hvanrompuy

Herman Van Rompuy

Mais il ne faut pas vendre le trône du Conseil européen avant de s’être assis dessus.

Le Premier Ministre hollandais n’a pas gagné. Herman Van Rompuy, un autre Premier Ministre également démocrate-chrétien, consensuel, peu charismatique, et appartenant à un « petit » État-fondateur (la Belgique) mais pour qui l’Europe et ses valeurs ont un sens pourrait lui piquer la vedette.

Balkenende ou Van Rompuy ? De toute façon, ce n’est pas nous qui choisissons.



Article de Samuel Faure, JE Lyon, initialement paru sur Le Taurillon.