Interview de Sylvie Guillaume

Le 19 février 2010, la député européenne Sylvie Guillaume a reçu Fanny Benzeghiba, la Présidente des Jeunes Européens – Lyon,  dans le bureau de sa permanence pour une interview. L’occasion pour Les Jeunes Européens – Lyon de lui poser des questions d’actu et de revenir sur ses premiers jours de mandat européen.

FB : Comment le Parlement a t-il vécu l’adoption du traité de Lisbonne ? Quelles sont les nouveautés apportées par ce Traité ?

SG : Le long travail de préparation qui a été fait a beaucoup facilité les changements qui sont survenus avec l’adoption du Traité de Lisbonne ; les parlementaires attendaient vraiment celui-ci et l’on constate un changement de donne, notamment en matière de codécision. Ce nouveau pouvoir a déjà eu des impacts directs sur l’organisation de la politique européenne, la question SWIFT [1] en est un bon exemple.

Concernant cette délibération, le Conseil a tenté de passer en force, mais les parlementaires ont tenu bon et ont réussi ce qui a pu s’apparenter à un test de leur solidité et de leur capacité à se servir de la codécision.

Désormais, celle codécision est inscrite dans les usages et pourra être utilisée pour d’autres types d’accords et de textes, ce qui est une excellente chose, le Parlement étant l’unique représentant démocratiquement élu par les citoyens.

Un autre grand changement après l’adoption du traité de Lisbonne est que l’Europe a aujourd’hui un Président fixe du Conseil –Herman Von Rompuy – et une Haute Représentante pour la politique extérieure – Catherine Ashton –, ce  qui devrait lui procurer plus de visibilité.

Les critiques que je formulerais à l’encontre du choix des personnes qui a été fait seraient, tout d’abord, que la procédure de désignation n’était pas très transparente – c’est le moins que l’on puisse dire – et ensuite qu’elles ne m’ont pas donné initialement l’impression d’être dotées d’une personnalité affirmée forte ; du coup, ce choix n’est pas révélateur d’une grande ambition pour l’Europe. Mais ce n’est qu’une impression à ce stade ; j’espère qu’elle sera invalidée.

FB : Que pensez-vous de Lady Ashton ? De son inaction pour Haïti, le fait qu’elle n’habite pas à Bruxelles, sa médiocre audition ? Quant à José Manuel Barroso, sa reconduction est-elle une bonne chose pour l’Europe ?

SG : Catherine Ashton n’est pas la seule à avoir fait une audition moyenne en commission ; beaucoup d’autres candidats commissaires n’étaient pas non plus excellents ! A la Commission néanmoins, je pense qu’elle n’est toutefois pas là par hasard. Le fait qu’elle prenne un poste inexistant jusqu’alors montre qu’elle doit faire ses preuves, le tout dans un contexte politique compliqué et avec une administration importante. Malgré son inexpérience dans les relations internationales, je refuse de m’acharner contre elle.

Quant à la reconduction de Barroso, mon groupe (S&D) a voté l’abstention et la délégation socialiste française contre. Pour la simple raison que lors de son mandat précédent, il n’a pas démontré un réel engagement, ni une forte détermination pour mettre l’Europe en mouvement. Il est resté inerte pendant la crise financière ; il s’est retranché dans ses convictions ultralibérales sans envisager la nécessité de réactions politiques et économiques communautaires fortes. Quand il a présenté son programme de second mandat, il a été mis sur la sellette par certains groupes politiques ; ses auditions n’ont pas été très convaincantes et il a présenté un programme à minima. Nous considérons donc que c’est une Présidence par défaut.

FB : En séance plénière au Parlement Européen, on vote. Mais que se passe t-il en commission ? Quels sont les textes en cours de discussion ?

SG : Lorsqu’un texte arrive en commission, les parlementaires intéressés et concernés par le sujet font un travail de préparation et de précision du texte, de manière à le rendre plus clair et plus lisible. Ils proposent également des amendements qui selon leur sensibilité politique vont tenter d’orienter le texte.

La commission parlementaire  à laquelle je participe est celle qui est la plus touchée par l’application du Traité de Lisbonne ; c’est celle qui touche aux libertés civiles, à la justice et aux affaires intérieures (commission LIBE).

L’un des gros sujets du moment est la deuxième phase du paquet asile après la première phase qui devait viser à une meilleure harmonisation européenne des conditions d’asile. Cette première phase s’est déroulée entre 2004 et 2008, elle devait limiter le libre arbitre des États membres.

La deuxième phase, elle, était initialement fixée à 2010, et est repoussée à 2012. Elle vise à franchir une nouvelle étape car on a vu que les États membres ont fait valoir une bonne dose d’interprétation. Le Bureau Européen de l’Asile a été voté, la réforme du Règlement Dublin II, les refontes des directives Accueil, Qualifications et Procédures sont les nouveaux textes mis en circulation. Il y a beaucoup de travail devant nous car il va être très très compliqué de mettre tout le monde d’accord !

L’autre sujet qui occupe les esprits dans ma commission est la protection des libertés et des données personnelles. Là aussi le travail est immense.

FB : Comment se sont déroulés vos premiers jours au Parlement ? Avez-vous été briefée par votre amie Martine Roure ?

Avant de commencer j’ai beaucoup discuté avec Martine qui a été un véritable guide dans les méandres de Bruxelles et Strasbourg. Elle a été une « tutrice » bienveillante et je lui en suis très reconnaissante. Quant à  mes premiers jours, c’était l’émerveillement et  ils m’ont procuré un réel enthousiasme de tout découvrir en « plus grand ». Bien sûr j’avais un peu d’inquiétude et cela nécessitait de se mettre tout de suite au travail, ce que j’ai fait.

Aujourd’hui, je reste très enthousiaste et au travail bien évidemment (rires).

FB : Vous qui avez été conseillère régionale jusqu’à votre élection au Parlement européen [2], pouvez-vous nous dire quels sont les liens qui unissent la région Rhône-Alpes et l’Union Européenne ?

SG : Ces liens sont anciens et ils continuent de se construire. Ils découlent de la représentation de Rhône-Alpes à Bruxelles, qui est très active. De plus, Rhône-Alpes sait très bien exploiter les politiques européennes en faveur des citoyens. Cette région a su depuis longtemps tisser des liens et créer des rapprochements comme c’est le cas avec les Quatre Moteurs, qui constituent un partenariat avec trois régions européennes (Lombardie, Catalogne et Bade-Wurtemberg). Elle a su créer un espace de discussion et d’élaboration politique plus large que l’aire régionale et ses échanges ne sont pas strictement économiques mais aussi universitaires et entre professionnels. Rhône Alpes est une vraie région européenne valorisant politiques, territoires et citoyens qui la composent.

FB : Existe-t-il une complicité au delà des clivages politiques avec les représentants français au Parlement ?

SG : Pas spécialement. On peut tisser des liens qui dépassent les clivages politiques, mais selon moi ils ne tiennent pas au partage d’une même nationalité et seront plutôt dus au partage de convictions, de vision des choses. Dans des commissions qui traitent de sujets humains, il peut y avoir des  désaccords politiques mais des accords sur certaines valeurs. Je préfère m’entendre avec un autre représentant parce que nous avons la même vision plutôt que la même nationalité.

Toutefois, de temps en temps, se dégagent des réflexes nationaux. Par exemple, lorsque l’on parle de l’interdiction des symboles religieux dans les lieux publics, les représentants italiens s’élèvent de colère ensemble, ils ont le même réflexe ; lorsque Barroso doit être élu, c’est toute la péninsule ibérique qui l’approuve, sans distinction de partis.

FB : Avez-vous des relations privilégiées avec les autres députés européens de la circonscription?

SG : Je travaille avec certains régulièrement comme Marie-Christine Vergiat car indépendamment de certains clivages politiques, nous partageons des visions communes qui nous rapprochent certainement plus que notre “origine géographique”.

FB : Avez-vous un message à faire passer aux lecteurs du Taurillon et aux Jeunes Européens ?

SG : L ’Europe doit se construire avec la jeunesse, son avenir passe par elle. Je compte beaucoup sur les associations comme la vôtre pour défendre et valoriser les idées européennes.

Interview réalisée par Fanny Benzeghiba et préparée par Fanny Benzeghiba et Benoît Courtin. Cette interview sera prochainement publiée sur le Taurillon.

[1] : Le 11 février dernier, le Parlement Européen a rejeté l’accord négocié avec les États-Unis sur les transferts massifs des données bancaires des citoyens de l’Union.

[2] : Sylvie Guillaume est signataire du Pacte Européen des Jeunes Européens – France demandant notamment un non cumul des mandats européens et nationaux. Suite à son élection le 7 juin dernier, elle a démissionné de sa vice-présidence régionale.

Le Parlement Européen approuve la Commission Barroso II

Le Parlement Européen vient d’approuver la composition de la nouvelle Commission Européenne qui sera en place jusqu’en novembre 2014. Cette Commission, toujours présidée par le Portugais José Manuel Duraõ Barroso, comprend 27 membres issus des 27 pays membres de l’Union Européenne.

Le vote, portant sur le collège des commissaires, a recueilli 488 pour, 137 contre et 72 abstentions.

Après que la candidate bulgare Rumiana Jeleva a jeté l’éponge en janvier, il a fallu procéder à l’audition de la nouvelle candidate proposée par la Bulgarie. Cette audition s’est déroulée au tout début du mois pour permettre un vote lors de la session plénière de février. Depuis novembre, la Commission Européenne était en simple gestion des affaires courantes. La ratification du Traité de Lisbonne a en effet retardé le travail. Cette Commission est donc la première à travailler sous le régime du Traité de Lisbonne.

Voici la composition :

- Président : José Manuel Duraõ Barroso (PT)

- Vice-présidente et Haute Représentante aux affaires étrangères et à la politique de défense : Catherine Ashton (UK)

- Vice président et commissaire chargé de la politiques des transports : Siim Kallas (EE)

- Vice président et commissaire chargé de la concurrence : Joaquin Almunia (ES)

- Vice présidente et commissaire chargée de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté : Viviane Reding (LU)

- Vice président et commissaire chargé de l’industrie : Antonio Tajani (IT)

- Vice présidente et commissaire chargée de l’agenda numérique : Neelie Kroes (NL)

- Vice président et commissaire chargé des relations interinstitutionnelles et de l‘administration : Maros Sefcovic (SK)

- Commissaire chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’intégration : Laszlo Andor (HU)

- Commissaire chargé du marché intérieur et des services : Michel Barnier (FR)

- Commissaire chargé de l’agriculture et du développement rural : Dacian Ciolos (RO)

- Commissaire chargé de la santé et de la protection des consommateurs : John Dalli (MT)

- Commissaire chargée des affaires maritimes et de la pêche : Maria Damanaki (EL)

- Commissaire chargé du commerce : Karel De Gucht (BE)

- Commissaire chargé de l’élargissement et de la politique européenne de voisinageStefan Füle (CZ)

- Commissaire chargée de la coopération internationale, de l’aide humanitaire et de la réponse à la crise : Kristalina Georgieva (BG)

- Commissaire chargé de la politique régionale : Johannes Hahn (AT)

- Commissaire chargée de l’action en faveur du climat : Connie Hedegaard (DK)

- Commissaire chargé du budget et de la programmation financière : Janusz Lewandowski (PL)

- Commissaire chargée des affaires intérieures : Cecilia Malmström (SE)

- Commissaire chargé de l’énergie : Günter H. Oettinger (DE)

- Commissaire chargé du développement : Andris Piebalgs (LT)

- Commissaire chargé de l’environnement : Janez Potocnik (SI)

- Commissaire chargée de la recherche, de l’innovation et de la science : Maire Geoghegan-Quinn (IE)

- Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires : Olli Rehn (FI)

- Commissaire chargé de la fiscalité, de l’union douanière, de l’audit et de la lutte antifraude : Algirdas Semeta (LV)

- Commissaire chargée de l’éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse : Androulla Vassiliou (CY).

Barroso propose la nouvelle composition de la Commission Européenne

La liste des 27 commissaires européens qui doivent former la nouvelle Commission Européenne a été dévoilée en début de week-end. Cette liste est encore provisoire dans la mesure où le Parlement Européen doit auditionner l’ensemble des candidats avant que la nouvelle Commission puisse officiellement commencer à travailler.

Le poste de Président est connu depuis maintenant 3 mois, ce sera encore une fois le portugais José Manuel Duraõ Barroso. La première vice-présidente a été nommée dans le cadre des nominations découlant de l’adoption du Traité de Lisbonne : Catherine Ashton qui est aussi Ministre des affaires étrangères de l’UE.

Les 6 autres vices-présidents sont uniquement des commissaires sortants. Il y a l’espagnol Joaquin Almunia qui passe des affaires économiques et monétaires à la politique de concurrence. Neelie Kroes précédemment chargée de la Concurrence sera maintenant chargée de l’économie numérique. L’italien Antonio Tajani qui s’occupait des transports, s’occupera désormais de l’Industrie. L’estonien Siim Kallas qui était responsable de l’administration, sera maintenant commissaire chargé des transports. La luxembourgeoise Viviane Reding passe, quant à elle, de l’économie numérique à la Justice et à la protection des droits fondamentaux. Son portefeuille inclura aussi la citoyenneté. Enfin, dernier Vice-président, le slovaque Maros Sefcovic qui s’occupait de l’éducation, de la formation, de la culture et de la jeunesse sera dorénavant le commissaire chargé de l’administration et des relations inter institutionnelles.

Pour les autres sortants, le letton Andris Piebalgs passe de l’énergie au développement, la chypriote Androulla Vassiliou passe de la santé à l’éducation, jeunesse, culture et multilinguisme, le belge Karel de Gucht passe du développement au commerce, le lituanien Algirdas Semeta passe de la programmation financière et du budget au commissariat chargé de l’union douanière et des politiques antifraudes. Le slovène Janez Potocnik passe lui de la recherche à l’environnement. Enfin, le finlandais Olli Rehn passe de l’élargissement aux affaires économiques et monétaires.

Côté petits nouveaux, certains auront de lourdes responsabilités. C’est le cas de la suédoise Cécilia Malmström qui sera en charge des affaires intérieurs. Le roumain Dacian Ciolos aura la charge de l’agriculture. L’emploi et les affaires sociales sont confiées au Hongrois Laszlo Andor. La protection des consommateurs et la santé sera un commissariat dirigé par le maltais John Dalli. Le polonais Janusz Lewandowski aura la responsabilité du budget et de la programmation financière. Moins nouveau celui-ci, puisqu’il fait son retour à la Commission Européenne, le français Michel Barnier aura la charge du Marché intérieur et des services. Il quitte donc son fauteuil de député européen.

L’Allemand Günter Oettinger sera le nouveau commissaire chargé de l’énergie. Un nouveau commissariat, celui de l’action climatique, sera dirigé par la danoise Connie Hedegaard. La pêche et les affaires maritimes seront entre les mains de la grecque Maria Damanaki. La politique régionale sera emmenée par l’autrichien Johannes Hahn. La recherche, l’innovation et les sciences sont réunies dans un commissariat qui sera dirigé par l’irlandaise Maire Geoghegann Quinn. Le tchèque Stefan Füle sera responsable de l’élargissement et de la politique européenne de voisinage alors que la bulgare Rumiana Jeleva sera en charge de l’aide humanitaire.

Barroso pour 5 ans

barroso réélectionHier, mercredi 16 septembre 2009, s’est tenue l’élection tant attendue pour certains et si redoutée pour d’autres. C’est en effet hier que le Parlement Européen s’est exprimé sur la reconduction du Président de la Commission Européenne pour un nouveau mandat de 5 ans.

Et il n’y a eu aucun miracle. L’ancien Premier ministre portugais a été réélu “dans un fauteuil” pour reprendre l’expression de Jean Quatremer. Avec 382 voix pour, 219 contre et 117 abstentions (+18 absents). La majorité simple en vigueur avec le Traité de Nice est donc atteinte largement. Et mieux, la majorité du Traité de Lisbonne de 369 voix est aussi dépassée.

Une chose est sûre, les abstentionnistes ont fait le jeu de Barroso. Car si l’on ajoute les voix contre et les abstentions, M. Barroso serait rentré chez lui. Comment a-t-il pu atteindre une telle majorité ? Et bien en ratissant large. Il a obtenu les voix du groupe PPE, normal puisqu’il est du PPE, mais aussi de l’ERC (les Conservateurs), d’une partie de l’ALDE (Guy Verhofstadt a assuré Barroso d’un soutien du groupe ALDE mais ses troupes n’ont apparemment pas toutes suivies : les députés français du MoDem et les Italiens d’Italia dei Valori s’y sont opposés), mais aussi du PSE ! Lire la suite »

La réélection sans débat du président de la Commission,une menace pour l’Europe sociale et écologique

Sylvie Goulard et Daniel Cohn-Bendit

Sylvie Goulard et Daniel Cohn-Bendit

Circulez, y a rien à voir. L’Union européenne (UE) choisit le président de la Commission pour les cinq ans à venir mais, surtout, parlons-en le moins possible. Les élections européennes ont été une occasion ratée de mener ce débat : les enjeux nationaux ont dominé la campagne tandis que les partis socialistes européens se gardaient de proposer un candidat qui aurait pu incarner le renouveau. Et cela continue, sous la pression des vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement qui, dans une belle unanimité, poussent à la reconduction de José Manuel Barroso. Sa famille – le Parti populaire européen (PPE), l’UMP en France – est arrivée en tête aux élections ; elle constitue le plus grand groupe parlementaire. Le Parlement n’aurait plus qu’à avaliser ce choix. Circulez, y a rien à voir ? Pas si sûr. Lire la suite »

Barroso certainement reconduit

Jose Manuel Duraõ Barroso

Jose Manuel Duraõ Barroso

Les présidents de groupe politique au Parlement Européen ont tranché : le vote sur la reconduction de José Manul Duraõ Barroso aura bien lieu le mercredi 16 septembre. Et la reconduction ne fait guère de mystère. L’ancien Premier Ministre portugais devrait l’emporter avec environ 315 voix (alors qu’il n’en avait obtenues 100 de plus pour son premier mandat).

Cette reconduction intervient grâce à un manque de stratégie du côté des politiciens européens opposés à Barroso. En effet, on sait que la gauche unitaire, les verts, les socialistes et les démocrates étaient plutôt opposés à une deuxième Commission Barroso. Mais ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour faire barrage. Tous avaient une proposition… différente. Lire la suite »

Première conséquence

Barroso

José Manuel Duraõ Barroso

La première conséquence du scrutin européen du 7 juin 2009 n’aura pas mis longtemps à se montrer. La Commission Européenne sera vraisemblablement encore présidée par le portugais Barroso pour les 5 ans à venir. En même temps, c’était un secret de polichinelle !

En effet, les conservateurs et les populaires étant arrivés largement en tête dans une grande majorité des États Membres de l’Union Européenne, c’est donc un Président de la Commission européenne de droite qui sera reconduit.  On savait déjà depuis le congrès du PPE que leur candidat serait de nouveau Barroso.

José Manuel Duraõ Barroso, donc, est officiellement candidat à sa propre succession. Le quinquagénaire portugais, à la tête de la Commission Européenne depuis 2004, brigue un deuxième mandat.

“Je suis honoré que le président du Conseil européen m’ait demandé aujourd’hui s’il pouvait présenter mon nom pour un second mandat”, a déclaré l’ancien premier ministre conservateur portugais lors d’une conférence de presse avec le premier ministre tchèque, Jan Fischer, président en exercice du Conseil Européen.

Jan Fischer a précisé qu’il allait effectuer une tournée dans les capitales européennes pour obtenir un consensus autour de la candidature de M. Barroso, avant le sommet européen de la semaine prochaine à Bruxelles. Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE doivent être d’accord sur le candidat à la tête de l’exécutif européen.

Le président de la Commission, ancien Premier ministre du Portugal, a déjà recherché l’appui de Nicolas Sarkozy, de la chancelière allemande Angela Merkel et d’autres chefs d’Etat ou de gouvernement ces derniers mois. La plupart l’ont assuré de leur soutien.

Poul Nyrup Rasmussen

Poul Nyrup Rasmussen

La gauche aura en effet du mal à imposer Paul Nyrup Rasmussen, ancien Premier Ministre Danois. Avec seulement 162 députés européens, le Parti Socialiste Européen devra faire alliance avec d’autres formations pour avoir encore un espoir de changer le cours des choses. Or, le troisième groupe au Parlement Européen, ALDE, composé des Démocrates et des Libéraux réunis, sur lequel le PSE pourrait s’appuyer pour faire barrage, n’est pas d’accord. En effet, les libéraux sont plutôt pour reconduire Barroso alors que les démocrates ont annoncé vouloir proposer une alternative. Perspective à deux groupes séparés au Parlement Européen ?

Il faudra en tous cas compter sur le groupe des Verts, qui sera très probablement présidé par Daniel Cohn-Bendit, grand gagnant en France, pour trouver un consensus. Mais réunir ces trois groupes ne suffira probablement pas à faire élire une autre personnalité.  Il faudrait alors aller chercher les voix de la Gauche Unitaire Européenne. Mais cette perspective ne satisfait pas grand monde car ils pourraient en profiter pour semer la zizanie avant même de trouver un accord sur un nom. De plus, il est hautement probable que le PPE obtienne le soutien des groupes plus à droites qu’eux.

Électeurs, vous avez voté à droite, vous aurez une Commission Européenne présidée par la droite ! Ainsi va la politique !

Le congrès du PPE confirme Barroso

logoppe2Le Parti populaire européen (PPE) proposera la reconduction de José Manuel Barroso à la présidence
de la Commission européenne. L’annonce a été faite jeudi lors du Congrès du PPE, dans la capitale polonaise Varsovie. Une décision prise à l’unanimité par les 13 chefs de gouvernement de l’Union dont les formations appartiennent au PPE.

Principal groupe politique au Parlement, le PPE a également adopté son programme définitif dans la perspective des élections européennes. Il défend notamment le concept d’économie sociale de marché. Les congressistes ont aussi accueilli l’ex-président polonais Lech Walesa. L’ancien leader du mouvement Solidarnosc a appelé à la sauvegarde des chantiers navals de Gdansk, menacés de fermeture. Un appel à “préserver pour les générations futures le premier monument d’un magnifique combat qui a mené à la réunification de l’Allemagne et de l’Europe”. Un appel notamment adressé à José Manuel Barroso, car la Commission est favorable à leur fermeture…

logo-euronewsEn attendant, un sondage présent sur le site de la chaîne internationale Euronews demande si Barroso doit être reconduit à la tête de la Commission. Le Non l’emporte pour l’instant à 57%. Mauvais choix stratégique pour le PPE ?

Le Congrès du PPE a aussi vu une bataille pour la Présidence du Parlement Européen : deux candidats PPE s’affrontent. En lice, l’Italien Mario Mauro, et l’ancien Premier ministre polonais Jerzy Buzek. Le premier souligne l’importance du modèle social européen. Le second donne une priorité à l’environnement. De toutes façons, le choix ne se fera qu’après l’élection du 7 juin.

Michel Rocard s’arrête

michel-rocard

Michel Rocard a fait savoir, mercredi 14 janvier, qu’il se retirait de la vie politique à la fin du mois.

Le député européen de la circonscription Sud Est (Rhône-Alpes, PACA, Corse), Michel Rocard, va quitter prématurément, fin janvier, son poste  au Parlement européen et ne briguera plus aucun mandat, a annoncé, hier, une porte-parole du groupe PSE. Michel Rocard, 79 ans, siégeait depuis quinze ans au Parlement européen.

Il sera remplacé par Bernard Soulage, vice-président de la région Rhône-Alpes aux transports et infrastructures. De nombreux députés européens, dont les présidents des groupes socialiste, Martin Schulz, et populaire, Joseph Daul, ainsi que le président de la Commission européenne, J.-M. Duraõ Barroso, ont participé mercredi 14 janvier à une réception en son honneur à Strasbourg, en marge de la session du Parlement européen.

Michel Rocard a notamment été Premier Ministre de 1988 à 1991 et premier secrétaire du Parti socialiste français entre 1993 et 1994. Au Parlement européen, Michel Rocard aura présidé trois commissions au cours de sa carrière d’eurodéputé : la commission du développement et de la coopération (1997-1999), celle de l’emploi et des affaires sociales (1999-2002) et celle de la culture, de la jeunesse, de l’éducation, des médias et des sports (2002-2004).

Les Jeunes Européens – Lyon saluent l’action du député européen et lui souhaite une bonne et paisible retraite.

Le PSE choisit lui aussi Barroso – Communiqué

Communiqué de presse commun de l’UEF et de la JEF-Europe suite au congrès du PSE à Madrid.

manif-congres-pse1Le congrès du PSE soutient de facto la candidature du démocrate-chrétien Barroso à la présidence de la Commission Européenne.


L’issue du congrès n’était guère prometteuse puisqu’avant même qu’il ne débute, les deux premiers ministres socialistes Zapatero et Socrates apportaient publiquement leur soutien au démocrate-chrétien José Manuel Duraõ Barroso. Le Président de la Commission Européenne brigue en effet un deuxième mandat.

La décision prise par le PSE lors de son congrès de ne pas présenter de candidat signifie que les socialistes acceptent en fait la candidature de Barroso comme étant aussi la leur. Lire la suite »

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