Une Présidence résolument belge !

Herman Van Rompuy et Yves Leterme

Depuis le 1er juillet, c’est la Belgique qui a pris la Présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne après 6 mois de Présidence espagnole plutôt difficiles.

Alors que la Belgique est encore en pleine crise politique interne, il se pourrait que ce semestre redonne ses lettres de noblesse au Traité de Lisbonne. L’avantage institutionnel d’un président stable du Conseil Européen tombe donc à pic. Herman Van Rompuy sauvera-t-il la Belgique ?

En effet, la Belgique  n’a nullement l’intention de défendre les prérogatives de la présidence semestrielle tournante. Elle veut au contraire en profiter pour aider le président permanent du Conseil européen à consolider les siennes. Le fait qu’il s’agisse d’un ancien Premier ministre belge, Herman Van Rompuy, n’est évidemment pas étranger à cette bonne volonté affichée. Yves Leterme, Premier Ministre sortant a déclaré :  «Nous sommes prêts à limiter notre rôle […] parce qu’il faut donner de l’espace à Herman Van Rompuy et à Catherine Ashton, pour qu’ils puissent exercer leurs nouvelles compétences». De toute façon, le gouvernement belge traite les affaires courantes et son successeur, issu des législatives du 13 juin, ne sera pas constitué avant octobre, au mieux. Comme le dit le journaliste de Libé Jean Quatremer : “La Belgique a donc préféré théoriser sa propre inexistence”.

Retrouvez les priorités de la Présidence belge du Conseil de l’UE en cliquant ici.

Un député européen s’en prend méchamment à Herman Van Rompuy

Le député europhobe britannique de l’Ukip Nigel Farage a été condamné mardi à une amende d’environ 3 000 euros pour avoir comparé le président du Conseil de l’UE Herman Van Rompuy à une “serpillière humide” (voir vidéo ci-dessus) et insulté son pays d’origine, la Belgique, a annoncé le Parlement européen.

Convoqué dans la journée par le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, pour ses propos tenus la semaine dernière en séance publique contre l’ancien premier ministre belge, M. Farage a refusé de présenter des excuses, se réclamant de la “liberté d’expression”. En conséquence, M. Buzek a décidé de suspendre pendant dix jours les indemnités journalières parlementaires de M. Farage, selon un communiqué publié par ses services. Ces indemnités s’élèvent à 298 euros par jour.

Au cours d’une intervention, mercredi dernier au Parlement européen, M. Farage avait déclaré à l’adresse de M. Van Rompuy : “Vous avez le charisme d’une serpillière humide et l’apparence d’un petit employé de banque.” L’accusant de vouloir mettre fin aux États nations, l’élu, chef du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, qui réclame la sortie du Royaume-Uni de l’UE, lui avait lancé : “C’est peut-être parce que vous venez de Belgique, qui est un non-pays.”

Mardi, l’intéressé a campé sur ses ignobles positions. “Si j’ai des excuses à présenter, elles sont destinées aux employés de banque. Si j’en ai blessé certains, je suis vraiment désolé”, a commenté M. Farage.

De tels propos tenus par un député européen sont à des années lumières de l’esprit de la construction européenne. Les Jeunes Européens – Lyon saluent cette sanction prise à l’encontre d’un homme sensé incarner les valeurs de l’Union Européenne que sont le respect mutuel et l’humanisme. Ces propos sont injurieux pour l’ensemble des ressortissants d’un État fondateur de l’Union Européenne.

Même si nous-mêmes, Les Jeunes Européens – Lyon, avons critiqué le choix d’Herman Van Rompuy à ce poste de Président du Conseil Européen et que nous n’avons peut-être pas été très tendre avec lui, jamais nous  ne pourrons accepter de tels propos injurieux à l’égard d’un peuple et d’un Etat de la part d’un élu européen. Il y a dans cette intervention véhémente une atteinte à la diversité des États membres de l’Union Européenne qui fait d’ailleurs toute sa richesse. Même si Herman Van Rompuy n’était certainement pas le meilleur choix, nous respectons ce personnage qui pourrait d’ailleurs nous surprendre en bien par son travail.

Entre liberté d’expression d’un député européen, chose absolument sacrée, et l’atteinte à l’honneur d’un peuple membre de l’UE, nous estimons que la sanction financière décidée est une sanction proportionnée. Les députés européens ont en effet un devoir de retenu vis-à-vis des institutions  européennes et des personnes qui les incarnent. Ce devoir a ici été largement outrepassé par cet homme.

Fades nominations au sommet

Le Conseil Européen, l’organe réunissant les chefs d’Etats et de gouvernements des Etats Membres de l’UE, a procédé aux nominations découlant du Traité de Lisbonne ce jeudi 19 novembre 2009.

Herman Van Rompuy

Ils ont en effet nommé le Président du Conseil Européen, déjà Président de l’Europe pour la Presse. Cette haute fonction européenne sera donc occupée pour deux ans et demi par le Belge Herman Van Rompuy (prononcez “rompeuille”). Cet homme était jusqu’à présent le Premier Ministre du Royaume des Belges. Il avait réussi à sortir la Belgique de la crise politique dans laquelle elle s’était plongée à la suite des élections fédérales de 2007. Maintenant qu’il est élevé au rang de Secrétaire général des Etats, euh, pardon, de Président du Conseil Européen, la crise politique pourrait revenir rapidement en Belgique, notamment pour trouver un successeur à Van Rompuy. Le nom d’Yves Leterme est déjà avancé par les quotidiens Le Soir et La Libre Belgique.

Catherine Ashton

L’autre personne nommée hier est une femme, puisqu’il en fallait une dans le trio européen Président du Conseil Européen, Président de la Commission et Haut Représentant aux Affaires Étrangères. Elle est de gauche, puisqu’il fallait aussi quelqu’un de gauche dans ce même trio. Et c’est la Britannique travailliste Catherine Ashton qui a été capturée vivante dans cette véritable chasse à l’homme, ou plutôt chasse à la femme de gauche. Elle sera donc la ministre des affaires étrangères de l’UE. Aucune expérience en la matière, ce choix est étrange. Il relève en tout cas très bien la volonté des États de ne pas déléguer trop de pouvoirs en la matière. Catherine Ashton risque aussi de traîner avec elle le boulet Tony Blair ! En effet, Ashton était présidente de la chambre des Lords lorsque Tony Blair s’est empressé de suivre W Bush dans la guerre en Irak. Dernièrement, Catherine Ashton était commissaire européenne en charge du commerce. Elle avait remplacé le très controversé Peter Mandelson. Ashton sera donc également Vice-présidente de la Commission Européenne pendant les 5 prochaines années. Le duo Barroso – Ashton à la Commission est assez catastrophique pour l’avenir de l’Europe !

En nommant Van Rompuy à la Présidence du Conseil des 27, les dirigeants européens envoient un signal fort d’immobilisme à venir sur la scène européenne. Les chefs d’États et de gouvernements, Merkel et Sarkozy en tête, veulent continuer à avoir la main sur ce qui se fait en Europe. Espérons qu’en Van Rompuy sommeille un battant europhile convaincu qui se réveillera lors de sa prise de fonction le 1er janvier 2010… C’est beau de rêver !

Qui est Jan Peter Balkenende ? Un alter-européen !

Balkenende 1

Jan Peter Balkenende

Balkenende, une candidature alternative

Parti tambour battant, Tony Blair n’a finalement pas fait long feu une fois les choses sérieuses commencées.   La faute à un passif politique pesant (Guerre en Irak, soutien à l’administration Bush, « blairisme » vieillissant) et a une candidature pas assez européenne qui a même fini par gêner ses plus fervents défenseurs : « Le fait que la Grande-Bretagne ne soit pas dans l’euro, reste un problème » dixit Nicolas Sarkozy. Au chancelier autrichien Werner Faymann de surenchérir : « Nous avons besoin d’un candidat qui ne soit pas pour Bush mais pour Obama ».   Blair exit, Jean-Claude Juncker semblait le parfait postulant : légitimité nationale (Premier Ministre du Luxembourg depuis 1995), légitimité européenne (Président de l’Eurogroupe depuis 2004), sens aiguisé du consensus. Pourtant, il ne l’est pas resté longtemps. Si Juncker a réussi à endiguer la candidature Blair, il s’y ait brûlé les ailes en perdant le soutien de Londres.   Dans ce contexte, l’officieuse candidature de Jan Peter Balkenende apparaît comme une alternative aux frictions anglo-luxembourgeoises. Alternative, aux atouts certains : Balkenende vient d’un « petit » État-fondateur (les Pays-Bas), il est dirigeant politique depuis plusieurs années et connu pour ne pas faire de vagues.

Balkenende, un candidat alter-européen

Plus précisément, Jan Peter Balkenende est l’actuel Premier Ministre, démocrate-chrétien, des Pays-Bas et ce depuis le 22 juillet 2002.   Qui dit démocrate-chrétien, dit consensuel, ce qui n’est pas un défaut, au contraire, pour un poste qui demande d’être le représentant des vingt-sept chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Au printemps dernier, Balkenende avait estimé lors d’un entretien accordé à Radio Nederland Wereldomroep qu’il souhaitait que l’Europe, pour répondre à la crise et à ses corollaires à commencer par le chômage, s’empare du fameux « modèle polder » hollandais « où le patronat, les syndicats et le gouvernement négocient afin de parvenir à un consensus dans laquelle chaque partie se retrouve ».   Plus gênant – c’est un euphémisme – est son passif alter-européen. En 2005, il avait refusé de se mouiller pour défendre le traité instituant une Constitution pour l’Europe (TCE). Son impopularité d’alors avait été interprétée comme l’une des causes du rejet du TCE par les Néerlandais lors du référendum du 1er juin 2005. Lors des négociations qui ont mené au traité de Lisbonne, Balkenende fait partie des dirigeants européens qui demandent que les symboles européens (drapeau à douze étoiles, Ode à la joie de Beethoven, devise « unis dans la diversité ») soient enlevés du traité. L’Europe politique n’a plus alors le vent en poupe après les deux « non » français et néerlandais.   De quoi sans nul doute agacer celles et ceux qui revendiquent, pas plus tard que la semaine dernière, que les valeurs européennes ne soient pas oubliées de cette course à la Présidence. Ceux-là seront rassurer d’apprendre que la contre attaque s’organise. Un groupe facebook a été créé contre lui : « Non à Jan Peter Balkenende comme Président du Conseil européen ».

Balkenende, symptôme d’une Europe à bout de souffle ?

Évoquer une « Europe grippée » voire « malade » est un classique qui a de quoi agacer. Et pourtant, comment qualifier l’Union européenne autrement qu’ « à bout de souffle » quand, après Tony Blair les couloirs bruxellois et les bruits qui s’y échappent nous glissent à l’oreille le nom de Balkenende, un leader à la vision molle de la construction européenne ?   Il faut, tout de même, prendre la mesure de cette « candidature » qui est portée par un homme d’État donnant autant envie d’Europe qu’un Jacques Chirac qui serait encore au pouvoir, qui aurait expressément demandé que les symboles européens soient enlevés du traité de Lisbonne, qui aurait eu l’accord de ses vingt-six partenaires et qui, pour toutes ces preuves d’europhilie, deviendrait l’un des outsiders les plus crédibles pour présider, le premier, le Conseil européen. Cette histoire est digne de Samuel Beckett – j’en appelle aux splendides Vladmir et Estragon !

Hvanrompuy

Herman Van Rompuy

Mais il ne faut pas vendre le trône du Conseil européen avant de s’être assis dessus.

Le Premier Ministre hollandais n’a pas gagné. Herman Van Rompuy, un autre Premier Ministre également démocrate-chrétien, consensuel, peu charismatique, et appartenant à un « petit » État-fondateur (la Belgique) mais pour qui l’Europe et ses valeurs ont un sens pourrait lui piquer la vedette.

Balkenende ou Van Rompuy ? De toute façon, ce n’est pas nous qui choisissons.



Article de Samuel Faure, JE Lyon, initialement paru sur Le Taurillon.

Les résultats des Européennes en Europe (5/5)

Finissons notre tour d’Europe des résultats des élections européennes du 7 juin avec la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Irlande et le Royaume-Uni.

drapeau Belgique


Résultats pour la Belgique (22 sièges répartis en 3 collèges : 13 pour Flandres-Bruxelles, 8 pour Wallonie-Bruxelles et 1 pour le collège germanophone) :

CD&V Christen-Democratisch & Vlaams………… 23,54%… 3 sièges… (PPE)

Open VLD Vlaamse Liberalen en Democraten… 20,02%… 3 sièges… (ADLE)

Vlaams Belang……………………………………………15,82%… 2 sièges… (NI)

SP.A. Socialistische Partij.Anders………………… 13,60%… 2 sièges… (APSD)

N-VA Nieuw-Vlaamse Alliantie……………………… 9,71%… 1 siège…  (PPE)

Groen !……………………………………………………… 7,84%… 1 siège… (Verts)

LDD Lijst Dedecker……………………………………… 7,41%… 1 siège…  (RCE)


PS Parti Socialiste…………………………30,50%… 3 sièges… (APSD)

MR Mouvement Réformateur………… 24,78%… 2 sièges… (ADLE)

Ecolo………………………………………… 22,00%… 2 sièges… (Verts)

CDH Centre Démocrate Humaniste…. 13,42%… 1 siège… (PPE)


CSP Christlich Soziale Partei…. 32,25% … 1 siège… (PPE)


drapeau Luxembourg

Résultats pour le Luxembourg (6 sièges) :

CSV Chrëschtlech Sozial Vollekspartei………………. 31,33%… 3 sièges… (PPE)

LSAP Lëtzebuerger Sozialistesch Arbechterpartei.. 19,42%… 1 siège… (APSD)

DP Demokratesch Partei………………………………….. 18,71%… 1 siège… (ADLE)

Déi Gréng……………………………………………………… 16,84%… 1 siège… (Verts)


Drapeau Pays-Bas

Résultats pour les Pays-Bas (25 sièges) :

CDA Christen Democratisch Appel……………… 19,9%… 5 sièges… (PPE)

PVV Partij voor de Vrijheid…………………………. 17%… 4 sièges… (-)

PvdA Partij van de Arbeid…………………………. 12,1%… 3 sièges… (PSE)

VVD Volkspartij voor Vrijheid en Democratie.. 11,4%… 3 sièges… (ADLE)

D66 Democraten 66………………………………….. 11,3%… 3 sièges… (ADLE)

GroenLinks………………………………………………. 8,9%… 3 sièges…  (Verts)

SP Socialistische Partij………………………………… 7,1%… 2 sièges… (GUE)

ChristenUnie-Staatkundig Gereformeerde Partij. 6,9%… 2 sièges… (EFD)


Drapeau Irlande

Résultats de l’Irlande (12 sièges) :

Fine Gael…….. 29,13%… 4 sièges… (PPE)

Fianna Fail….. 24,08%… 3 sièges… (UEN)

Labour Party.. 13,92%… 3 sièges… (APSD)

Independent… 11,36%… 1 siège… (ALDE)

Socialist Party.. 2,76%… 1 siège… (-)


Drapeau Royaume-Uni

Résultats du Royaume-Uni (72 sièges répartis en 2 collèges : 69 pour la Grande-Bretagne et 3 pour l’Irlande du Nord) :

-          Conservative Party…………………………27,7%… 25 sièges… (RCE)

-          United Kingdom Independance Party… 16,5%… 13 sièges… (EFD)

-          Labour Party………………………………… 15,7%… 13 sièges… (APSD)

-          Liberal Democrats…………………………. 13,7%… 11 sièges… (ADLE)

-          Greens…………………………………………… 8,6%… 2 sièges… (Verts)

-          British National Party………………………. 6,2%… 2 sièges… (NI)

-          Scottish National Party…………………….. 2,1%… 2 sièges…  (Verts)

-          Plaid Cyrmu The Party of Wales…………. 0,8%… 1 siège…  (Verts)


-          Sinn Féin…………………………………. 26,04%… 1 siège (GUE)

-          Democratic Unionist Party………….. 18,23%… 1 siège… (-)

-          Ulster Conservative and Unionist…. 17,11%… 1 siège… (-)

Actualités européennes au 6 mai 2008

Ces deux dernières semaines ont été bien riches pour l’actualité politique et institutionnelle européenne.

Portugal : L’Assembleia da República a ratifié le Traité de Lisbonne le 23 avril par 208 voix pour et 21 contre. Le Portugal est donc le 9è Etat à ratifier.

Danemark : Le Folgetinget a ratifié le Traité de Lisbonne le 24 avril dernier par 90 voix pour et 25 contre. Le Danemark est le 10è Etat à ratifier.

Allemagne : Le Bundestag a validé le projet de loi de ratification du Traité de Lisbonne le 24 avril par 514 voix pour, une abstention et 58 voix contre. Le Bundesrat se prononcera le 23 mai.

Italie : Renato Schifani a été élu Président du Sénat et Gianfranco Fini Président de la Chambre des députés. L’élection de Fini s’est faite au 4è tour. Le leader de Alleanza Nazionale accède donc à Montecitorio et sera donc le voisin de Silvio Berlusconi qui lui sera au Palais Chigi. Les élections municipales ont aussi vu la consécration de Gianni Alemanno (photo), membre lui aussi de Alleanza Nazionale, à la Mairie de Rome. Francesco Rutelli qui était candidat à la mairie pour le Partito Democratico, n’a pas réussi à se faire réélire. Giorgio Napolitano, Président de la République Italienne, a posé le 28 avril dernier la première pierre de la construction du tunnel de Brennero qui doit relier Innsbrück en Autriche à la région du Südtyrol italien en Trentino Alto Adige. Ce tunnel fera 56 km de long, un des plus long de monde. Il devrait être achevé en 2022. Enfin, la Commission européenne lance un recours contre l’Italie pour manquement à ses obligations dans la crise des déchets en Campanie où s’entassent encore 30.000 tonnes de détritus. La gestion des déchets dans le Latium a aussi fait l’objet d’un avertissement avant une amende pour non exécution d’une décision de la Cour de Justice des Communautés Européennes.

Autriche : le Bundesrat a validé le Traité de Lisbonne par 58 voix contre 4. Le Président autrichien Heinz Fischer a donc ratifié le Traité de Lisbonne le 28 avril. L’Autriche est le 11è pays à avoir ratifié.

Eurostat : l’institut européen de statistiques a publié les chiffres du chômage pour mars 2008. Le taux dans la Zone Euro est de 7,1% de la population active, alors que dans l’ensemble de l’Union Européenne, il s’élève à 6,1%. Le meilleur élève est les Pays-Bas avec 2,6% alors que le taux le plus élevé est en Slovaquie (9,8%). En avril, le taux d’inflation était de 3,3%, soit une baisse de 0,3 point par rapport à mars.

Irlande : le Premier Ministre irlandais Bertie Ahern remet à 18h sa démission à la Présidente Mary McAleese. Demain, la chambre basse irlandaise, le Dail, devra élire Brian Cowen (photo), ministre des finances sortant, comme nouveau Premier Ministre (Taoieseach).

Commission : suite aux élections législatives en Italie, Franco Frattini va entrer au gouvernement de Berlusconi. C’est Jacques Barrot, le commissaire français aux Transports qui assure l’intérim et qui prendra par la suite son portefeuille de Commissaire à la Justice, à la Sécurité et aux Libertés. Le futur commissaire italien sera donc en charge des transports.

Royaume-Uni : les élections municipales en Angleterre et au Pays de Galle ont vu la victoire nette du Parti Conservateur. Les Travaillistes se sont faits tancer par les électeurs, notamment à Londres où Ken Livingstone ne sera pas réélu. C’est le Conservateur Boris Johnson (photo) qui a remporté la Mairie notamment sur une campagne concernant les transports publics. Brian Paddick, LibDem est arrivé en troisième position, devant Siân Berry du Green Party.

Budget UE : l’Allemagne a annoncé qu’elle n’est pas prête à engager plus de 1% du RNB (Revenu National Brut, indicateur proche du PIB) pour le prochain budget de l’Union. Cette nouvelle annonce des négociations tendues dans les mois à venir, lorsque les négociations commenceront véritablement après le processus de ratification du Traité de Lisbonne. Par ailleurs, la France a indiqué qu’elle était prête à renégocier la PAC, mais si l’Allemagne obtient gain de cause, la PAC subira des coupes franches dans son budget.

Belgique : la crise gouvernementale pourrait reprendre. En effet, il est encore question de la scission de la circonscription électorale BHV (Bruxelles-Hal-Vilvorde). Cette circonscription est enclavée en territoire Flamand et regroupe des territoires francophones. Si la scission est votée, les Wallons pourraient quitter le gouvernement de Yves Leterme, en place depuis seulement 3 mois. En effet, une scission de cette circonscription entrainerait l’impossibilité pour les citoyens francophones de cette zone de pouvoir voter pour des listes francophones car ils ne seraient plus assez nombreux pour envoyer un député à la chambre fédérale.

Ratifications et élections

Un nouveau petit tour de l’actualité européenne dans les Etats Membres et dans les Institutions européennes.

Italie : Les élections législatives des 13 et 14 avril ont rendu le verdict. Les sondages l’avaient laissé présager, c’est la coalition de Silvio Berlusconi qui remporte le scrutin. Il Popolo delle libertà obtient 272 sièges à la Chambre des députés et 141 sièges au Sénat. Ce parti sera aidé par le parti sécessioniste et xénophobe Lega Nord qui réussit pour la première fois un tel score : 60 sièges à la Chambre et 25 au Sénat. La coalition est complétée par le Mouvement pour l’autonomie du Sud qui obtient 2 sièges par Assemblée. En face, le Parti Démocrate mené par le maire sortant de Rome Walter Veltroni enregistre une défaite en n’obtenant que 211 sièges à la Chambre et 116 au Sénat. La coalition de centre-gauche est aidé par le Parti Italia dei Valori de l’ancien juge Di Pietro (qui a dirigé l’opération Mains Propres contre la corruption en politique notamment), qui aura 28 sièges de députés et 14 sénateurs. Le Parti centriste des Chrétiens-démocrates résiste malgré la difficile stratégie d’autonomie : ils auront 36 députés et 3 sénateurs. Viennent ensuite des petits partis autonomistes comme le SVP pour le SüdTyrol et Automie Liberté Démocratie pour la Vallée d’Aoste. Grand enseignement de ce scrutin, les Italiens ont donné une majorité claire à la droite pour une meilleure stabilité et les partis à gauche du Parti Démocrate ne seront pas représentés car ils n’ont pas obtenu le seuil des 5%.

Espagne : Suite aux élections du 9 mars que le parti socialiste ouvrier espagnol de Zapatero a gagné, les députés fraichement élus ou réélus se sont réunis au Congrès présidé à l’occasion par le roi d’Espagne Juan Carlos I. Il a appelé à l’unité du pays et a écouté son Président du Gouvernement exposer les axes majeurs pour les 4 prochaines années : croissance économique, environnement, Europe et éducation.

Autriche : Le Nationalrat, la chambre basse autrichienne, a validé le traité de Lisbonne par 151 voix contre 27. Le Sénat autrichien devrait se prononcer dans les tous prochains jours. Les débats devraient commencer demain.

Belgique : Les députés belges se sont eux aussi prononcé en faveur du Traité de Lisbonne à 116 voix contre 18. Le Sénat ayant déjà validé le projet de ratification, il manque maintenant les votes des 5 chambres régionales et communautaires du Royaume fédéral de Belgique.

Irlande : suite à la démission de Bertie Ahern, le Premier Ministre de la République de l’Eire, le parti majoritaire Fianna Fail s’est réuni pour désigner son nouveau leader. il s’agit de Brian Cowen, ministre sortant de l’économie. Il occupera donc le poste de Taoieseach à partir du 6 mai.

Slovaquie : La Slovaquie a officiellement ratifié le Traité de Lisbonne le 10 avril dernier par 103 voix pour, 5 contre et 42 abstentions.

Conseil : Le Conseil de l’Union Européenne a mis en ligne une version consolidée des Traités. Cette version est à jour des modifications du Traité de Lisbonne.

Commission : suite aux élections à Chypre, le commissaire à la Santé a été nommé au Gouvernement de Chypre. Il fallait donc nommer une nouvelle personnalité à ce poste. Chose faite, Androula Vassiliou a été validée par le Parlement Européen lors de l’audience de validation des Commissaires.

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