La Commission fait des propositions contre la corruption

Chaque année, 120 milliards d’euros disparaîtraient en Europe du fait de la corruption, soit 1 % du Produit national brut européen. Les Européens sont bien conscients du problème : 80 % des citoyens estiment que c’est un problème majeur dans leur pays. De nombreuses mesures législatives existent mais elles ne sont pas mises en œuvre correctement, souvent du fait d’un manque de volonté politique. Les députés ont débattu d’un plan d’action proposé par la Commission européenne, mercredi 31 août.

Selon la Commission européenne, qui a présenté ses propositions aux députés de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieure, le cadre légal de la lutte anticorruption s’est beaucoup développé en Europe au cours des dix dernières années.

Il est maintenant bien en place mais c’est sa mise en œuvre qui poserait problème. «[Cela] traduit l’absence d’un véritable engagement politique des dirigeants et des décideurs pour s’attaquer à la corruption sous toutes ses formes », estime la Commission.

Face à cela, elle propose de créer un nouveau mécanisme de mesure des efforts anticorruption dans l’Union européenne. Ce « rapport anticorruption » devrait pointer les tendances et faiblesses auxquelles il convient de remédier. Publié tous les deux ans à partir de 2013, il serait compilé à partir des mécanismes déjà existants, des observations d’experts indépendants, de la société civile… Il n’ajouterait donc pas de charge administrative supplémentaire aux Etats membres.

Par ailleurs, la Commission prône la participation au groupe d’Etats contre la corruption du Conseil de l’Europe (GRECO).

Louis Michel (BE - ADLE)

Les députés se sont réjouis des mesures proposées.

« Ce dont nous avons besoin, c’est de volonté politique pour s’attaquer au problème », a souligné Timothy Kirkhope (UK – ECR). « Il faut amener le Conseil de l’UE (représentant les Etats membres, ndlr) à prendre position, d’une façon ou d’une autre», a renchéri Louis Michel (BE – ADLE).

Néanmoins, les élus ont regretté que le « rapport anticorruption » ne soit publié qu’à partir de 2013 et seulement tous les deux ans. Ils ont demandé que ceux qui dénoncent des faits de corruption soient mieux protégés et que les enquêtes soient plus rapides.

Enfin, ils ont reconnu qu’ils avaient eux-mêmes, en leur qualité de représentants élus, à servir d’exemple, et qu’ils devaient faire montre de leur fermeté face à la corruption.

Autres propositions de la Commission Européenne :

  • Moderniser les règles concernant la confiscation des avoirs acquis illégalement
  • Améliorer les statistiques sur la corruption
  • Renforcer la formation des fonctionnaires chargés de faire respecter les lois anticorruption
  • Moderniser les lois européennes en matière de passation de marchés publics
  • Intensifier la coopération judiciaire et policière entre Etats membres

Lutte contre le terrorisme : faut-il autoriser les scanners corporels ?

Si les scanners corporels doivent être introduits, alors ils doivent être rendus obligatoires dans toute l’UE. Mais avant, il faut être sûr de leur efficacité et de leur inocuité et s’assurer qu’ils ne portent pas atteinte à la vie privée. C’est en substance la conclusion du débat du 10 février au Parlement Européen. Une étude de la Commission Européenne sera présentée en avril.

Le risque d’attaques terroristes en Europe n’a pas baissé, et le transport aérien en est une des cibles principales. L’incident du vol Amsterdam-Detroit en décembre en est l’exemple le plus récent.

L’efficacité des portiques de sécurité est-elle donc en cause ? Faut-il instaurer des scanners corporels dans les aéroports, qui permettent de voir les passagers comme nus ?

C’est la question que se posent les députés européens. « Les terroristes innovent toujours, nous devons donc innover également », a plaidé Alfredo Pérez Rubalcaba, ministre de l’intérieur espagnol, au nom de la Présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne. Mais avant de mettre en place des scanners corporels, il convient « de déterminer s’ils sont efficaces, compatibles avec le droit à la vie privée et s’ils n’ont pas d’incidence sur la santé ».

Sécurité vs. droit à la vie privée

Tous les députés ont été d’accord pour dire que l’introduction de scanners corporels uniquement dans certains pays ou aéroports ne pouvait apporter aucun résultat. En somme, la logique du « tout ou rien » : soit on les rend obligatoire partout, soit on les supprime. Et là, les avis étaient partagés.

« Il faut cesser de donner l’impression que les scanners corporels sont 100 % fiables. Parfois, les objets sont dans le corps et non sur le corps », s’est emporté le député Saïd El Khadraoui (S&D – NL), faisant référence à la possibilité d’ingérer des substances explosives. « C’est la première fois que des radiations ionisantes sont imposées à des gens », s’inquiète de son côté Charles Tannock (ERC – UK), pointant les dangers pour la santé.

En face, certains députés ne partagent pas ces inquiétudes. Selon Teresa Jiménez-Becerril Barrio (PPE- ES), qui a perdu des proches dans un attentat perpétré par l’ETA, « ceux qui parlent des droits fondamentaux ne doivent pas oublier que le droit à la vie en est le plus fondamental, qui passe bien avant les autres ».

Que va décider l’Union européenne ?

Siim Kallas

Le commissaire européen chargé des transports, Siim Kallas, présent lors du débat, a affirmé que les scanners corporels ne seraient pas rendus obligatoires dans les aéroports pour l’instant (ils sont de facto déjà utilisés dans certains aéroports). La Commission européenne devrait présenter une étude sur l’ensemble des questions soulevées par cette technologie au mois d’avril.

Cecilia Malmström

Cecilia Malmström, commissaire européenne aux affaires intérieures, a annoncé qu’elle commanderait une évaluation des mesures antiterroristes européennes pour analyser leurs manques et les éventuels chevauchements. Elle verra ensuite quelles mesures législatives sont nécessaires.

L’égalité des genres dans les faits passe par le Parlement Européen

Dans son rapport annuel sur l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’UE, le Parlement a demandé une directive en matière de lutte contre la violence envers les femmes, l’instauration d’un congé de paternité au niveau européen et une révision de la législation en matière d’égalité salariale. « Les femmes doivent avoir le contrôle de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment grâce à un accès aisé à la contraception et à l’avortement », a également approuvé une majorité de députés.

Lutter contre la violence envers les femmes

Les députés ont demandé à la Commission européenne d’élaborer une proposition de directive sur la prévention et la lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes. Ils demandent la création d’une année européenne contre la violence envers les femmes, soulignant que près d’une femme sur quatre dans l’UE souffre de violence physique et plus de 10 % de violence sexuelle.

Les députés ont également approuvé les propositions de la présidence espagnole de « lancer un mandat européen de protection des victimes » et de mettre en place un numéro de téléphone d’aides aux victimes commun pour toute l’UE.

Droits sexuels et reproductifs

Le Parlement considère que « la reconnaissance de l’autonomie physique et sexuelle totale des femmes est une condition sine qua non des politiques de lutte contre la violence envers les femmes ». Les femmes doivent avoir le contrôle de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment grâce à un accès aisé à la contraception et à l’avortement. Une majorité de députés soutient par conséquent les mesures et actions visant à améliorer l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive.

Lutte contre le trafic des êtres humains

A ce jour, seuls 16 Etats membres ont ratifié la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, qui « représente l’instrument juridique européen le plus puissant pour lutter contre cette nouvelle forme d’esclavage ». Les députés demandent aux Etats membres qui ne l’ont pas encore fait (République tchèque, Allemagne, Estonie, Irlande, Grèce, Italie, Lituanie, Hongrie, Pays-Bas, Finlande et Suède) de ratifier cette convention.

Introduire un congé de paternité au niveau européen

Au niveau de l’UE, il existe une directive sur le congé de maternité et une directive sur le congé parental mais il n’existe pas, à ce jour, de législation en matière de congé de paternité. Le Parlement demande à la Commission de « soutenir toute démarche visant à instaurer un congé de paternité au niveau européen » et considère que le congé de maternité doit être associé au congé de paternité afin que la femme soit mieux protégée sur le marché du travail.

Egalité salariale

Le Parlement regrette que la Commission n’ait pas répondu à sa demande visant à réviser la législation existante en matière d’égalité salariale et l’invite à présenter une telle proposition dans les plus brefs délais.

Egalité des genres dans les postes à responsabilité

Une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes aux postes à responsabilité des entreprises, de l’administration et des organes politiques doit être encouragée dans les Etats Membres, estiment les députés, se félicitant de la décision du gouvernement norvégien d’augmenter le nombre de femmes dans les conseils d’administrations des entreprises publiques et privées à 40 %.

Laszlo Andor

En ce qui concerne la composition de la Commission européenne, une majorité de députés invitent les Etats membres, lors de prochaines nominations, à proposer deux candidats, un de chaque sexe, afin de faciliter la composition d’une Commission plus représentative.

M. Laszlo Andor, le commissaire chargé des affaires sociales, va avoir du travail !

Le Parlement Européen approuve la Commission Barroso II

Le Parlement Européen vient d’approuver la composition de la nouvelle Commission Européenne qui sera en place jusqu’en novembre 2014. Cette Commission, toujours présidée par le Portugais José Manuel Duraõ Barroso, comprend 27 membres issus des 27 pays membres de l’Union Européenne.

Le vote, portant sur le collège des commissaires, a recueilli 488 pour, 137 contre et 72 abstentions.

Après que la candidate bulgare Rumiana Jeleva a jeté l’éponge en janvier, il a fallu procéder à l’audition de la nouvelle candidate proposée par la Bulgarie. Cette audition s’est déroulée au tout début du mois pour permettre un vote lors de la session plénière de février. Depuis novembre, la Commission Européenne était en simple gestion des affaires courantes. La ratification du Traité de Lisbonne a en effet retardé le travail. Cette Commission est donc la première à travailler sous le régime du Traité de Lisbonne.

Voici la composition :

- Président : José Manuel Duraõ Barroso (PT)

- Vice-présidente et Haute Représentante aux affaires étrangères et à la politique de défense : Catherine Ashton (UK)

- Vice président et commissaire chargé de la politiques des transports : Siim Kallas (EE)

- Vice président et commissaire chargé de la concurrence : Joaquin Almunia (ES)

- Vice présidente et commissaire chargée de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté : Viviane Reding (LU)

- Vice président et commissaire chargé de l’industrie : Antonio Tajani (IT)

- Vice présidente et commissaire chargée de l’agenda numérique : Neelie Kroes (NL)

- Vice président et commissaire chargé des relations interinstitutionnelles et de l‘administration : Maros Sefcovic (SK)

- Commissaire chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’intégration : Laszlo Andor (HU)

- Commissaire chargé du marché intérieur et des services : Michel Barnier (FR)

- Commissaire chargé de l’agriculture et du développement rural : Dacian Ciolos (RO)

- Commissaire chargé de la santé et de la protection des consommateurs : John Dalli (MT)

- Commissaire chargée des affaires maritimes et de la pêche : Maria Damanaki (EL)

- Commissaire chargé du commerce : Karel De Gucht (BE)

- Commissaire chargé de l’élargissement et de la politique européenne de voisinageStefan Füle (CZ)

- Commissaire chargée de la coopération internationale, de l’aide humanitaire et de la réponse à la crise : Kristalina Georgieva (BG)

- Commissaire chargé de la politique régionale : Johannes Hahn (AT)

- Commissaire chargée de l’action en faveur du climat : Connie Hedegaard (DK)

- Commissaire chargé du budget et de la programmation financière : Janusz Lewandowski (PL)

- Commissaire chargée des affaires intérieures : Cecilia Malmström (SE)

- Commissaire chargé de l’énergie : Günter H. Oettinger (DE)

- Commissaire chargé du développement : Andris Piebalgs (LT)

- Commissaire chargé de l’environnement : Janez Potocnik (SI)

- Commissaire chargée de la recherche, de l’innovation et de la science : Maire Geoghegan-Quinn (IE)

- Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires : Olli Rehn (FI)

- Commissaire chargé de la fiscalité, de l’union douanière, de l’audit et de la lutte antifraude : Algirdas Semeta (LV)

- Commissaire chargée de l’éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse : Androulla Vassiliou (CY).

La candidate Jeleva renonce sous la pression du Parlement Européen

Rumiana Jeleva

Rumiana Jeleva, la candidate proposée par la Bulgarie pour siéger à la Commission européenne et pour y gérer la politique d’aide humanitaire, renonce à ce poste. Elle va également démissionner de son poste de ministre des affaires étrangères en Bulgarie.

Mme Jeleva est soupçonnée d’avoir conservé, en contravention avec la loi bulgare, certaines affaires quand elle est devenue députée européenne en 2007 au moment de l’élargissement. Des activités et un patrimoine qu’elle a en outre oublié de déclarer à l’époque. Chose qui ne passe pas pour certains députés européens. D’autres députés ont quant à eux mis en doute ses compétences pour le poste. Enfin, une rumeur court toujours sur des liens présumés que son mari entretiendrait avec la mafia russe.

Son audition par le Parlement européen, mardi 12 janvier, avait été difficile. “Le mieux qui puisse arriver désormais est que Mme Jeleva se retire”, avait déclaré au journal Le Monde Andrew Duff, le rapporteur de la procédure d’audition.

Cet élu ALDE et aussi président de l’intergroupe fédéraliste du Parlement Européen avait lancé un avertissement au président de la Commission, José Manuel Barroso : “Si Mme Jeleva reste membre du collège, le risque est que les Verts, les libéraux et les démocrates, l’extrême gauche et les socialistes refusent de confirmer le collège.”

La formation de la Commission aura donc connu le même sort qu’en 2004 lorsque le Parlement avait menacé de ne pas valider le collège si Rocco Buttiglione en faisait partie.

Au grand bonheur des défenseurs de Strasbourg, le collège Barroso II sera vraisemblablement validé dans l’hémicycle alsacien alors que le vote devait intervenir à Bruxelles, pour une première historique, le 26 janvier. Mais le vote ne pourra pas intervenir avant au moins février.

Joseph Daul, le Président du groupe PPE, a défendue malgré tout la candidate bulgare. De l’autre côté, Martin Schultz, le Président du groupe S&D a voulu rappelé que si le PPE était certes le groupe le plus important, il n’en avait pas pour autant la majorité absolue et devait donc prendre en compte les avis des autres partis politiques européens.

Pour remplacer Rumiana Jeleva, le Premier Ministre bulgare Boïko Borisov a proposé Kristalina Georgieva qui est actuellement vice-présidente de la Banque Mondiale. Reste à savoir si elle sera présentée pour prendre en charge l’aide humanitaire ou si Barroso va en profiter pour retoquer la composition de la Commission puisque d’autres candidats ont eux aussi peu convaincus les députés (il s’agit de la Néerlandaise Neelie Kroes, du Maltais John Dalli et du Lituanien Algirdas Semeta).

Barroso propose la nouvelle composition de la Commission Européenne

La liste des 27 commissaires européens qui doivent former la nouvelle Commission Européenne a été dévoilée en début de week-end. Cette liste est encore provisoire dans la mesure où le Parlement Européen doit auditionner l’ensemble des candidats avant que la nouvelle Commission puisse officiellement commencer à travailler.

Le poste de Président est connu depuis maintenant 3 mois, ce sera encore une fois le portugais José Manuel Duraõ Barroso. La première vice-présidente a été nommée dans le cadre des nominations découlant de l’adoption du Traité de Lisbonne : Catherine Ashton qui est aussi Ministre des affaires étrangères de l’UE.

Les 6 autres vices-présidents sont uniquement des commissaires sortants. Il y a l’espagnol Joaquin Almunia qui passe des affaires économiques et monétaires à la politique de concurrence. Neelie Kroes précédemment chargée de la Concurrence sera maintenant chargée de l’économie numérique. L’italien Antonio Tajani qui s’occupait des transports, s’occupera désormais de l’Industrie. L’estonien Siim Kallas qui était responsable de l’administration, sera maintenant commissaire chargé des transports. La luxembourgeoise Viviane Reding passe, quant à elle, de l’économie numérique à la Justice et à la protection des droits fondamentaux. Son portefeuille inclura aussi la citoyenneté. Enfin, dernier Vice-président, le slovaque Maros Sefcovic qui s’occupait de l’éducation, de la formation, de la culture et de la jeunesse sera dorénavant le commissaire chargé de l’administration et des relations inter institutionnelles.

Pour les autres sortants, le letton Andris Piebalgs passe de l’énergie au développement, la chypriote Androulla Vassiliou passe de la santé à l’éducation, jeunesse, culture et multilinguisme, le belge Karel de Gucht passe du développement au commerce, le lituanien Algirdas Semeta passe de la programmation financière et du budget au commissariat chargé de l’union douanière et des politiques antifraudes. Le slovène Janez Potocnik passe lui de la recherche à l’environnement. Enfin, le finlandais Olli Rehn passe de l’élargissement aux affaires économiques et monétaires.

Côté petits nouveaux, certains auront de lourdes responsabilités. C’est le cas de la suédoise Cécilia Malmström qui sera en charge des affaires intérieurs. Le roumain Dacian Ciolos aura la charge de l’agriculture. L’emploi et les affaires sociales sont confiées au Hongrois Laszlo Andor. La protection des consommateurs et la santé sera un commissariat dirigé par le maltais John Dalli. Le polonais Janusz Lewandowski aura la responsabilité du budget et de la programmation financière. Moins nouveau celui-ci, puisqu’il fait son retour à la Commission Européenne, le français Michel Barnier aura la charge du Marché intérieur et des services. Il quitte donc son fauteuil de député européen.

L’Allemand Günter Oettinger sera le nouveau commissaire chargé de l’énergie. Un nouveau commissariat, celui de l’action climatique, sera dirigé par la danoise Connie Hedegaard. La pêche et les affaires maritimes seront entre les mains de la grecque Maria Damanaki. La politique régionale sera emmenée par l’autrichien Johannes Hahn. La recherche, l’innovation et les sciences sont réunies dans un commissariat qui sera dirigé par l’irlandaise Maire Geoghegann Quinn. Le tchèque Stefan Füle sera responsable de l’élargissement et de la politique européenne de voisinage alors que la bulgare Rumiana Jeleva sera en charge de l’aide humanitaire.

Réactions de la Presse Européenne sur Ashton et Van Rompuy

La presse européenne se montre, vendredi 20 novembre, très critique sur les nominations à Bruxelles du premier ministre belge, Herman Van Rompuy, comme premier président de l’Union européenne et de la Britannique Catherine Ashton au poste de haut représentant de l’UE aux affaires étrangères.

Le Parisien titre “Un homme discret à la tête de l’Europe” et se demande si M. Van Rompuy et Mme Ashton auront “assez de poids pour faire vivre ces deux nouveaux postes créés par le traité de Lisbonne”. Le correspondant à Bruxelles de Libération, Jean Quatremer, qualifie de son côté M. Van Rompuy de “président pour la déco”. “Pour son premier acte, poursuit-il, l’Europe du traité de Lisbonne a donc fait le choix de personnalités qui ne dérangent personne. (…) A défaut d’avoir nommé un représentant de la ‘Nouvelle Europe’, les Vingt-Sept ont au moins réussi à désigner une femme, mais pas la plus brillante.”

[...]

Le journal espagnol El Mundo est lui aussi dubitatif à propos de “ces deux inconnus sur la scène européenne et encore plus internationale” qui “assumeront la représentation des Vingt-Sept dans le monde”. Encore plus sévère, El Pais parle de “deux figures ternes et de bas profil” qui commanderont la “Nouvelle Europe”.

La presse allemande juge également les nommés incapables d’incarner une voix européenne forte. “Ces deux personnalités peuvent-elles incarner cet élan promis par ceux qui nous gouvernent ? Le traité de Lisbonne est la version quelque peu allégée de ce qui avait à l’origine été baptisé ‘Constitution de l’UE’. Le mot était trop grand pour les ambitions des Européens. Ceux de ministre des affaires étrangères et de président de l’UE ont maintenant l’air bien grands”, affirme ainsi le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Egalement impitoyable, le Financial Times estime que “le choix de deux personnalités relativement inconnues est un objet de consternation pour ceux qui voulaient donner plus de poids à l’Europe sur la scène mondiale”. Pour le Guardian, ces choix font s’envoler “tous les espoirs de l’Europe de forcer le monde à lui prêter une attention nouvelle”. “Le continent, la nuit dernière, s’est éloigné de la table des grands, manquant une chance réelle de se maintenir au niveau du monde du G2, dominé par les pôles jumeaux Washington et Pékin”, conclut le quotidien. Quant au Daily Telegraph, il souligne le “manque d’expérience diplomatique” de Mme Ashton. “Ces choix révèlent la réticence des gouvernements à transférer trop de pouvoir à Bruxelles”, analyse le quotidien.

Même la presse belge ne se montre pas tendre avec le futur ex-premier ministre du pays. L’éditorialiste du Soir Jurek Kuczkiewiczl explique que le choix de M. Van Rompuy n’était pas très controversé : “Aucun dirigeant européen ne le connaissait trop bien, puisqu’il n’a pas eu le temps, en un an, de se faire des ennemis. Personne n’avait donc trop d’arguments à opposer à sa nomination.”

Mais, dans son ensemble, la presse belge est partagée entre fierté et inquiétude de voir partir le “sauveur” du pays. [...] La Belgique va-t-elle maintenant replonger ? [...]

Le Monde.fr avec AFP

Fades nominations au sommet

Le Conseil Européen, l’organe réunissant les chefs d’Etats et de gouvernements des Etats Membres de l’UE, a procédé aux nominations découlant du Traité de Lisbonne ce jeudi 19 novembre 2009.

Herman Van Rompuy

Ils ont en effet nommé le Président du Conseil Européen, déjà Président de l’Europe pour la Presse. Cette haute fonction européenne sera donc occupée pour deux ans et demi par le Belge Herman Van Rompuy (prononcez “rompeuille”). Cet homme était jusqu’à présent le Premier Ministre du Royaume des Belges. Il avait réussi à sortir la Belgique de la crise politique dans laquelle elle s’était plongée à la suite des élections fédérales de 2007. Maintenant qu’il est élevé au rang de Secrétaire général des Etats, euh, pardon, de Président du Conseil Européen, la crise politique pourrait revenir rapidement en Belgique, notamment pour trouver un successeur à Van Rompuy. Le nom d’Yves Leterme est déjà avancé par les quotidiens Le Soir et La Libre Belgique.

Catherine Ashton

L’autre personne nommée hier est une femme, puisqu’il en fallait une dans le trio européen Président du Conseil Européen, Président de la Commission et Haut Représentant aux Affaires Étrangères. Elle est de gauche, puisqu’il fallait aussi quelqu’un de gauche dans ce même trio. Et c’est la Britannique travailliste Catherine Ashton qui a été capturée vivante dans cette véritable chasse à l’homme, ou plutôt chasse à la femme de gauche. Elle sera donc la ministre des affaires étrangères de l’UE. Aucune expérience en la matière, ce choix est étrange. Il relève en tout cas très bien la volonté des États de ne pas déléguer trop de pouvoirs en la matière. Catherine Ashton risque aussi de traîner avec elle le boulet Tony Blair ! En effet, Ashton était présidente de la chambre des Lords lorsque Tony Blair s’est empressé de suivre W Bush dans la guerre en Irak. Dernièrement, Catherine Ashton était commissaire européenne en charge du commerce. Elle avait remplacé le très controversé Peter Mandelson. Ashton sera donc également Vice-présidente de la Commission Européenne pendant les 5 prochaines années. Le duo Barroso – Ashton à la Commission est assez catastrophique pour l’avenir de l’Europe !

En nommant Van Rompuy à la Présidence du Conseil des 27, les dirigeants européens envoient un signal fort d’immobilisme à venir sur la scène européenne. Les chefs d’États et de gouvernements, Merkel et Sarkozy en tête, veulent continuer à avoir la main sur ce qui se fait en Europe. Espérons qu’en Van Rompuy sommeille un battant europhile convaincu qui se réveillera lors de sa prise de fonction le 1er janvier 2010… C’est beau de rêver !

Beaujolais Européen



DE SOLIDARNOSC A LA CHUTE DU MUR DE BERLIN :

LA GENESE DE L’UNITE EUROPEENNE

Avec Mariusz Ochmanski, historien

JEUDI 19 NOVEMBRE 2009 18h30

LE TROQUET DES SENS

34, rue des Remparts d’Ainay, 69002 Lyon

Métro A – Ampère – Victor Hugo

Dégustation du Beaujolais Nouveau

Distribution de goodies

Cet événement des Jeunes Européens – Lyon est labellisé par la représentation française de la Commission Européenne dans le cadre de la célébration des 20 ans de la chute du mur de Berlin.

affiche du café débat

Barroso pour 5 ans

barroso réélectionHier, mercredi 16 septembre 2009, s’est tenue l’élection tant attendue pour certains et si redoutée pour d’autres. C’est en effet hier que le Parlement Européen s’est exprimé sur la reconduction du Président de la Commission Européenne pour un nouveau mandat de 5 ans.

Et il n’y a eu aucun miracle. L’ancien Premier ministre portugais a été réélu “dans un fauteuil” pour reprendre l’expression de Jean Quatremer. Avec 382 voix pour, 219 contre et 117 abstentions (+18 absents). La majorité simple en vigueur avec le Traité de Nice est donc atteinte largement. Et mieux, la majorité du Traité de Lisbonne de 369 voix est aussi dépassée.

Une chose est sûre, les abstentionnistes ont fait le jeu de Barroso. Car si l’on ajoute les voix contre et les abstentions, M. Barroso serait rentré chez lui. Comment a-t-il pu atteindre une telle majorité ? Et bien en ratissant large. Il a obtenu les voix du groupe PPE, normal puisqu’il est du PPE, mais aussi de l’ERC (les Conservateurs), d’une partie de l’ALDE (Guy Verhofstadt a assuré Barroso d’un soutien du groupe ALDE mais ses troupes n’ont apparemment pas toutes suivies : les députés français du MoDem et les Italiens d’Italia dei Valori s’y sont opposés), mais aussi du PSE ! Lire la suite »

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