Prix Sakharov 2009 : la Russie est visée

Chaque année, le Parlement européen remet le Prix Sakharov pour la liberté de penser à des personnes ou des organisations exceptionnelles en lutte contre l’oppression, l’intolérance et l’injustice. Ce prix est l’un des nombreux soutiens du Parlement européen aux droits de l’homme et à la démocratie dans le monde.

Le Prix Sakharov 2009 pour la liberté de l’esprit a été attribué à l’association Memorial et à trois de ses membres en particulier : Oleg Orlov, Sergeï Kovalev et Lioudmila Alexeïeva. Memorial est une organisation de promotion des droits fondamentaux dans les Etats post-soviétiques. Son premier responsable n’était autre que… Andreï Sakharov lui-même.

« En remettant ce Prix à Oleg Orlov, Sergeï Kovalev et Lioudmila Alexeïeva au nom de l’association Memorial, nous espérons contribuer à la fin de la peur et de la violence à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme en Russie », a déclaré Jerzy Buzek, Président du Parlement européen, lors de l’annonce des lauréats. Il a affirmé que le Parlement européen devait promouvoir les droits les plus fondamentaux de la société civile : la liberté de pensée et la liberté d’expression. « Il y a des jours où je suis particulièrement fier de présider le Parlement européen, et aujourd’hui est l’un de ces jours », a déclaré Jerzy Buzek, soulignant l’importance qu’il attache au Prix Sakharov pour la liberté de pensée. Il a rendu hommage aux journalistes assassinés pour avoir défendu les droits de l’homme. « Natalia Estemirova et Anna Politkovskaïa auraient dû être ici aujourd’hui : leurs assassins doivent être traduits en justice », a-t-il martelé.

Au nom de l’association Memorial, Sergeï Kovalev a dédié le Prix Sakharov à tous ceux qui étaient morts pour avoir lutté pour le respect des droits de l’homme. Il a cité Natalia Estemirova, Stanislas Markelov, Anna Politkovskaïa, Anastasia Babourova, Nikolaï Girenko et Farid Babayev, précisant que malheureusement, la liste était encore bien plus longue. Les députés se sont levés pour leur rendre hommage.

L’association Memorial – dont le premier dirigeant fut Andreï Sakharov – cherche à promouvoir les droits fondamentaux dans les pays post-soviétiques comme l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie, le Tadjikistan, la Moldavie et l’Ukraine. Elle fut fondée à la fin des années 1980 pour créer un complexe à la mémoire des victimes de répressions staliniennes. Plus tard, elle s’est élargie à la défense des droits civils. « Memorial promeut la vérité sur les répressions politiques de l’Union Soviétique et se bat contre les violations des droits de l’homme dans les pays post-soviétiques, cela  afin d’assurer leur avenir démocratique », ont expliqué les partisans de sa nomination.

Oleg Orlov est l’actuel président de Memorial. Le 6 octobre, il a été condamné à une amende et obligé de se rétracter publiquement suite à une poursuite en diffamation du Président tchétchène Ramzan Kadyrov. Orlov a accusé Kadyrov d’être derrière le meurtre de Natalia Estemirova, une militante des droits de l’homme en Tchétchénie. Il avait lui-même été enlevé en Ingouchie en novembre 2007 avec trois journalistes. Il avait été battu, menacé de mort puis finalement relâché.

Sergeï Kovalev a fondé la première association de défense des droits de l’homme en URSS en 1969. Il a également été l’un des fondateurs de Memorial. Il a critiqué les tendances autoritaires des régimes de Boris Eltsine et Vladimir Poutine. En signe de protestation, il démissionna en 1996 de son poste de responsable de la commission présidentielle des droits de l’homme. En 2002 il monta une commission d’enquête publique sur les attentats à la bombe en 1999 à Moscou. Cette commission ne put mener à bien son travail du fait de la persécution – et même de l’assassinat – de ses membres.

Lioudmila Alexeïeva est l’une des fondatrices – avec Andreï Sakharov – du groupe Moscou-Helsinki qui vérifiait la conformité des Soviétiques avec l’Acte final d’Helsinki en 1976. Depuis les années 1960, elle se bat pour des procès équitables pour les dissidents et un couverture objective par les médias. Elle a été exclue du parti communiste et déchue de son poste de journaliste dans un magazine scientifique. Elle critique le Kremlin pour sa politique en matière de droits de l’homme et a accusé le gouvernement russe d’encourager les extrémistes avec ses politiques nationalistes.

L’élection de Barack Obama, un défi pour l’Union Européenne

photo-michelotLes Jeunes Européens – Lyon ont reçu, pour leur Café européen sur le thème des relations entre l’Union Européenne et les États-Unis, M. le Professeur Vincent Michelot, spécialiste des États-Unis, Conseiller du bureau Amérique du Ministère des affaires étrangères et professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon.

Le mercredi 4 février, Vincent Michelot, professeur à l’IEP de Lyon et spécialiste des Etats-Unis, a fait le point sur l’avenir des relations entre les Etats-Unis et l’Europe, témoignant, pour commencer, d’une certaine perplexité devant le sujet du débat : l’Europe n’a rien d’une priorité pour l’administration américaine. Devant des dossiers de politique extérieure urgents et complexes, tel le conflit israélo-palestinien, en tête des préoccupations diplomatiques, le retrait d’Irak et la situation en Afghanistan, qui se partagent la seconde place, les relations avec l’Iran, à quoi l’on peut ajouter les rapports avec la Chine, et la question de l’Alena, compte tenu des délocalisations au Mexique et au Canada, on conçoit que l’Europe, qui ne représente ni un danger, ni une menace pour la sécurité du monde, soit reléguée au mieux en septième position. Lire la suite »

Le Mag de Touteleurope.fr : 5ème édition

Comme depuis le début de la Présidence française de l’Union Européenne, les Jeunes Européens – Lyon vous font partager le mag de touteleurope.fr sur l’actualité européenne.

Russie — Union Européenne : Je t’aime ; moi non plus !

Mercredi 8 octobre, dans le cadre du café européen des Jeunes Européens – Lyon, organisé à l’Ôtentik Café (Lyon 7è), M. Pascal Marchand — Professeur des universités spécialiste de la géopolitique de l’Europe orientale et plus spécifiquement de la Russie et de l’ex-URSS — nous a entretenu des rapports entre la Russie et l’Union européenne.

Ainsi, les replaçant dans la diachronie et la synchronie du monde, il leur a donné un éclairage nouveau.

Historiquement, depuis le démantèlement de l’URSS, la Russie n’a eu de cesse de tenter de se rapprocher d’une UE qui, par tactique ou par maladresse, a fini par la détourner d’elle. Les exemples abondent : de l’ouverture de la Russie au monde capitaliste en 1991 où les experts occidentaux la guident, volontairement ou non, sur la voie d’une inflation galopante, à son éviction du projet aéronautique européen , en passant par le refus de l’aide financière requise pour la construction de ports garantissant l’indépendance de la Russie vis à vis des pays baltes, etc.

La Russie se sent mise au ban de l’Europe, confrontée à la mise en place d’un double standard. De fait, pour l’UE, la sécurité est censée primer sur l’aspect financier, ce que confirme sa politique vis à vis des pays d’Europe de l’est (cf. projet TRACECA), la Russie exceptée ! De même, l’UE préfère considérer la frontière entre la Russie et la Finlande sous un jour moderniste, c’est à dire comme une zone relativement ouverte, mais en revient à une conception westphalienne de la frontière-limite dès qu’on en vient à parler de l’enclave russe de Kaliningrad.

Aussi, jugée par l’opinion russe à l’aune de ses incohérences, l’UE, après avoir bénéficié d’une image positive au début des années 1990, est maintenant considérée comme un groupe de pays « ennemis » ; ce que n’arrange pas la confusion souvent opérée avec l’OTAN du fait de l’entrée successive ou simultanée des pays de l’est dans les deux organisations.

Or, la Russie se considère victime d’une tentative d’encerclement par l’OTAN, contre laquelle elle prépare sa défense —cf. le réarmement, raison principale de l’élection de M.Poutine à la présidence en 2000. En effet, depuis quelques années, les relations russo-américaine se tendent du fait de l’adhésion de pays d’Europe de l’est et en particulier des pays baltes à l’OTAN, de la perception de l’administration Bush comme russophobe, d’avertissements verbaux donnés par la Russie comme l’annonce de « conséquences dans le Caucase » à l’intervention de l’OTAN au Kosovo… Ainsi la crise en Ossétie peut être perçue comme une mise en acte de ces menaces mais elle représente aussi le dernier jalon dans la montée en puissance des avertissements russes puisque la Russie prévoit maintenant l’emploi de l’arme nucléaire comme réaction à toute nouvelle avancée de l’OTAN.

La demande d’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN, certes rejetée cette année, représente donc une réelle menace pour la paix. D’autant plus que la candidature de l’Ukraine est tout particulièrement inacceptable pour la Russie : d’une part à cause de la franche rupture est/ouest interne à l’Ukraine, mais surtout à cause de leurs rapports privilégiés. Or, dans un contexte économique dégradé (cf. la crise financière), les candidats à la présidence américaine pourraient être tentés de réamorcer le conflit —en relançant la candidature de l’Ukraine—pour détourner leurs électeurs des problèmes intérieurs. Partant, on ne peut que redouter un possible dérapage.

Que fait alors l’UE pour l’éviter ? Constat amer : elle a certes envoyé le Président du Conseil Européen en Russie pour tenter de gérer la crise en Ossétie, mais elle ne parvient pas à s’affirmer comme modérateur constant, faute de trouver une position commune. Ce sont donc à nouveau les Etats qui auront à charge de gérer cette crise.

Fondée sur des faits, qui ne peuvent donc être soumis à controverse, cette analyse prenant faits et cause pour la Russie est sans doute à nuancer. Mais elle a de toute évidence atteint son but : forcer l’assistance à sortir d’une vision manichéenne où la Russie néo-dictatoriale s’opposerait à de louables démocraties ; et lui faire prendre conscience de l’urgence de la situation, un contexte de pré-guerre peu, voire, non ressenti par la population européenne.

Aude RASCLE, Les Jeunes Européens – Lyon

Café européen : les relations entre l’Union Européenne et la Russie

Les Jeunes Européens – Lyon organisent un café européen sur le thème des relations entre l’Union Européenne et la Russie ce mercredi 8 octobre 2008 à l’Ôtentik café (Lyon 7è) à 19h.

Autour de Pascal Marchand, Professeur à l’Université Lumière Lyon 2 ainsi qu’à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, géographe et spécialiste de la Russie, les convives pourront en apprendre plus sur les liens entre les 2 puissances dans une atmosphère décontractée. Discussion à bâton rompu, enrichissement et débat seront au rendez-vous. Sur un thême brûlant de l’actualité internationale, un expert vient vous parler, c’est le moment d’en profiter !!

Au menu notamment :
- Quels sont les enjeux du conflit en Géorgie ?
- Quel est l’intérêt de la Russie dans ce conflit ?
- L’Union Européenne est-elle réellement en mesure de faire pencher la balance de son côté ?
- Fallait-il soutenir Tbilissi ?
- Les risques liés à l’approvisionnement énegétique tendent-ils les relations euro-russes ou les rendent-elles favorables à Moscou ?
- Comment améliorer la politique étrangère de l’Union Européenne ?
Et bien évidemment toutes les questions que VOUS voudrez poser !!
 

La spécialité de l’Ôtentik café, c’est son planteur !! Mais aussi ses jus de fruits délicieux. Le service y est chaleureux et toujours souriant sans aucune prise de tête ! Vous y serez les bienvenus.

A partir de 18h45, retrouvez l’équipe des Jeunes Européens – Lyon à l’Ôtentik Café.

Télécharger l’affiche du Café Européen du 8 octobre sur les relations entre l’Union Européenne et la Russie à l’heure du conflit en Géorgie*

Ôtentik Café
25 rue Saint Jérôme
69007 Lyon
MºB et T2 Jean Macé

Café européen réalisé en partenariat avec Europe Direct Lyon / Rhône-Alpes et avec le concours de l’ECE Lyon, la Société Générale et l’Ôtentik Café.

 
* Affiche faite par F. Bourbon pour Les Jeunes Européens - Lyon.
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