Interview de Sylvie Guillaume

Le 19 février 2010, la député européenne Sylvie Guillaume a reçu Fanny Benzeghiba, la Présidente des Jeunes Européens – Lyon,  dans le bureau de sa permanence pour une interview. L’occasion pour Les Jeunes Européens – Lyon de lui poser des questions d’actu et de revenir sur ses premiers jours de mandat européen.

FB : Comment le Parlement a t-il vécu l’adoption du traité de Lisbonne ? Quelles sont les nouveautés apportées par ce Traité ?

SG : Le long travail de préparation qui a été fait a beaucoup facilité les changements qui sont survenus avec l’adoption du Traité de Lisbonne ; les parlementaires attendaient vraiment celui-ci et l’on constate un changement de donne, notamment en matière de codécision. Ce nouveau pouvoir a déjà eu des impacts directs sur l’organisation de la politique européenne, la question SWIFT [1] en est un bon exemple.

Concernant cette délibération, le Conseil a tenté de passer en force, mais les parlementaires ont tenu bon et ont réussi ce qui a pu s’apparenter à un test de leur solidité et de leur capacité à se servir de la codécision.

Désormais, celle codécision est inscrite dans les usages et pourra être utilisée pour d’autres types d’accords et de textes, ce qui est une excellente chose, le Parlement étant l’unique représentant démocratiquement élu par les citoyens.

Un autre grand changement après l’adoption du traité de Lisbonne est que l’Europe a aujourd’hui un Président fixe du Conseil –Herman Von Rompuy – et une Haute Représentante pour la politique extérieure – Catherine Ashton –, ce  qui devrait lui procurer plus de visibilité.

Les critiques que je formulerais à l’encontre du choix des personnes qui a été fait seraient, tout d’abord, que la procédure de désignation n’était pas très transparente – c’est le moins que l’on puisse dire – et ensuite qu’elles ne m’ont pas donné initialement l’impression d’être dotées d’une personnalité affirmée forte ; du coup, ce choix n’est pas révélateur d’une grande ambition pour l’Europe. Mais ce n’est qu’une impression à ce stade ; j’espère qu’elle sera invalidée.

FB : Que pensez-vous de Lady Ashton ? De son inaction pour Haïti, le fait qu’elle n’habite pas à Bruxelles, sa médiocre audition ? Quant à José Manuel Barroso, sa reconduction est-elle une bonne chose pour l’Europe ?

SG : Catherine Ashton n’est pas la seule à avoir fait une audition moyenne en commission ; beaucoup d’autres candidats commissaires n’étaient pas non plus excellents ! A la Commission néanmoins, je pense qu’elle n’est toutefois pas là par hasard. Le fait qu’elle prenne un poste inexistant jusqu’alors montre qu’elle doit faire ses preuves, le tout dans un contexte politique compliqué et avec une administration importante. Malgré son inexpérience dans les relations internationales, je refuse de m’acharner contre elle.

Quant à la reconduction de Barroso, mon groupe (S&D) a voté l’abstention et la délégation socialiste française contre. Pour la simple raison que lors de son mandat précédent, il n’a pas démontré un réel engagement, ni une forte détermination pour mettre l’Europe en mouvement. Il est resté inerte pendant la crise financière ; il s’est retranché dans ses convictions ultralibérales sans envisager la nécessité de réactions politiques et économiques communautaires fortes. Quand il a présenté son programme de second mandat, il a été mis sur la sellette par certains groupes politiques ; ses auditions n’ont pas été très convaincantes et il a présenté un programme à minima. Nous considérons donc que c’est une Présidence par défaut.

FB : En séance plénière au Parlement Européen, on vote. Mais que se passe t-il en commission ? Quels sont les textes en cours de discussion ?

SG : Lorsqu’un texte arrive en commission, les parlementaires intéressés et concernés par le sujet font un travail de préparation et de précision du texte, de manière à le rendre plus clair et plus lisible. Ils proposent également des amendements qui selon leur sensibilité politique vont tenter d’orienter le texte.

La commission parlementaire  à laquelle je participe est celle qui est la plus touchée par l’application du Traité de Lisbonne ; c’est celle qui touche aux libertés civiles, à la justice et aux affaires intérieures (commission LIBE).

L’un des gros sujets du moment est la deuxième phase du paquet asile après la première phase qui devait viser à une meilleure harmonisation européenne des conditions d’asile. Cette première phase s’est déroulée entre 2004 et 2008, elle devait limiter le libre arbitre des États membres.

La deuxième phase, elle, était initialement fixée à 2010, et est repoussée à 2012. Elle vise à franchir une nouvelle étape car on a vu que les États membres ont fait valoir une bonne dose d’interprétation. Le Bureau Européen de l’Asile a été voté, la réforme du Règlement Dublin II, les refontes des directives Accueil, Qualifications et Procédures sont les nouveaux textes mis en circulation. Il y a beaucoup de travail devant nous car il va être très très compliqué de mettre tout le monde d’accord !

L’autre sujet qui occupe les esprits dans ma commission est la protection des libertés et des données personnelles. Là aussi le travail est immense.

FB : Comment se sont déroulés vos premiers jours au Parlement ? Avez-vous été briefée par votre amie Martine Roure ?

Avant de commencer j’ai beaucoup discuté avec Martine qui a été un véritable guide dans les méandres de Bruxelles et Strasbourg. Elle a été une « tutrice » bienveillante et je lui en suis très reconnaissante. Quant à  mes premiers jours, c’était l’émerveillement et  ils m’ont procuré un réel enthousiasme de tout découvrir en « plus grand ». Bien sûr j’avais un peu d’inquiétude et cela nécessitait de se mettre tout de suite au travail, ce que j’ai fait.

Aujourd’hui, je reste très enthousiaste et au travail bien évidemment (rires).

FB : Vous qui avez été conseillère régionale jusqu’à votre élection au Parlement européen [2], pouvez-vous nous dire quels sont les liens qui unissent la région Rhône-Alpes et l’Union Européenne ?

SG : Ces liens sont anciens et ils continuent de se construire. Ils découlent de la représentation de Rhône-Alpes à Bruxelles, qui est très active. De plus, Rhône-Alpes sait très bien exploiter les politiques européennes en faveur des citoyens. Cette région a su depuis longtemps tisser des liens et créer des rapprochements comme c’est le cas avec les Quatre Moteurs, qui constituent un partenariat avec trois régions européennes (Lombardie, Catalogne et Bade-Wurtemberg). Elle a su créer un espace de discussion et d’élaboration politique plus large que l’aire régionale et ses échanges ne sont pas strictement économiques mais aussi universitaires et entre professionnels. Rhône Alpes est une vraie région européenne valorisant politiques, territoires et citoyens qui la composent.

FB : Existe-t-il une complicité au delà des clivages politiques avec les représentants français au Parlement ?

SG : Pas spécialement. On peut tisser des liens qui dépassent les clivages politiques, mais selon moi ils ne tiennent pas au partage d’une même nationalité et seront plutôt dus au partage de convictions, de vision des choses. Dans des commissions qui traitent de sujets humains, il peut y avoir des  désaccords politiques mais des accords sur certaines valeurs. Je préfère m’entendre avec un autre représentant parce que nous avons la même vision plutôt que la même nationalité.

Toutefois, de temps en temps, se dégagent des réflexes nationaux. Par exemple, lorsque l’on parle de l’interdiction des symboles religieux dans les lieux publics, les représentants italiens s’élèvent de colère ensemble, ils ont le même réflexe ; lorsque Barroso doit être élu, c’est toute la péninsule ibérique qui l’approuve, sans distinction de partis.

FB : Avez-vous des relations privilégiées avec les autres députés européens de la circonscription?

SG : Je travaille avec certains régulièrement comme Marie-Christine Vergiat car indépendamment de certains clivages politiques, nous partageons des visions communes qui nous rapprochent certainement plus que notre “origine géographique”.

FB : Avez-vous un message à faire passer aux lecteurs du Taurillon et aux Jeunes Européens ?

SG : L ’Europe doit se construire avec la jeunesse, son avenir passe par elle. Je compte beaucoup sur les associations comme la vôtre pour défendre et valoriser les idées européennes.

Interview réalisée par Fanny Benzeghiba et préparée par Fanny Benzeghiba et Benoît Courtin. Cette interview sera prochainement publiée sur le Taurillon.

[1] : Le 11 février dernier, le Parlement Européen a rejeté l’accord négocié avec les États-Unis sur les transferts massifs des données bancaires des citoyens de l’Union.

[2] : Sylvie Guillaume est signataire du Pacte Européen des Jeunes Européens – France demandant notamment un non cumul des mandats européens et nationaux. Suite à son élection le 7 juin dernier, elle a démissionné de sa vice-présidence régionale.

Communiqué – Grand débat sur l’Europe

Jeudi 28 janvier 2010, Les Jeunes Européens – Lyon ont invité des jeunes engagés en politique pour parler de l’Europe. Le débat s’est déroulé dans les locaux de la MJC du Vieux-Lyon.

Ainsi, les jeunes en politique, trop souvent effacés par leurs aînés, ont pu s’exprimer sur un sujet qui, visiblement, leur tient à cœur. Tous les intervenants se sont prêtés au jeu et ont débattu avec respect mutuel dans une ambiance conviviale devant une cinquantaine de spectateurs attentifs.

Parmi les intervenants, pas moins de 3 élus : Emeline Beaume d’Europe Ecologie – Les Verts (1er arrondissement), Marc Augoyard de Lyon Démocrate – Modem (5è arrondissement) et Romain Blachier du Parti Socialiste (7è arrondissement). Les autres intervenants sont tous des cadres de mouvements jeunes des partis politiques : Cyrielle Chatelain pour les Jeunes Verts du Rhône, Baptiste Trallero pour le MJS, Céline Bos pour les Jeunes Démocrates du Rhône, Marine Courtaut pour les Jeunes Populaires du Rhône et Romain Burgat pour les Jeunes actifs de l’UMP du Rhône.

Les Jeunes Européens – Lyon ont posé différentes questions amenant un débat serein et constructif. Les thèmes abordés ont été très variés : démocratie européenne, Traité de Lisbonne, modèle économique, Europe sociale, agriculture, environnement, place de la région Rhône-Alpes en Europe, échec du sommet de Copenhague, élargissement de l’UE aux Balkans et à la Turquie, etc.

Fanny Benzeghiba, Présidente des Jeunes Européens – Lyon, qui a animé le débat, a déclaré à la fin de la soirée : « il est finalement possible de faire parler d’Europe en dehors des périodes de campagne pour les Européennes et ceci est très positif pour l’avenir ». Une note d’optimisme partagée par l’ensemble des jeunes participants à l’issu du débat.

Interview de Carl Bildt par Le Monde

Carl Bildt

Carl Bildt est le ministre des affaires étrangères suédois. A ce titre, il préside le conseil des ministres européens des affaires étrangères jusqu’au 31 décembre 2009, terme de la présidence tournante de l’Union Européenne par la Suède.

Vous avez ouvert, lundi 21 décembre, un nouveau “chapitre”, le 12e sur 35, pouvant conduire à l’adhésion de la Turquie à l’UE. Quel est le sens de cette décision alors que plusieurs pays s’opposent à cette adhésion ?

Le chapitre de l’environnement, que nous avons ouvert, est important et complexe. Nous démontrons que le processus en vue d’une possible adhésion se poursuit. Comme le processus turc de réformes, qui va clairement de l’avant. Je suis notamment impressionné par ce que les dirigeants d’Ankara appellent “l’initiative démocratique” en cours et qui vise, notamment, à aborder la question kurde. Le sujet aborde un thème crucial de l’histoire de ce pays.

Mais la Cour constitutionnelle turque a décidé récemment de dissoudre le Parti pour une société démocratique (DTP, pro-kurde)

Nous avons exprimé nos préoccupations à ce sujet et invité la Turquie à suivre les recommandations du Conseil de l’Europe. Le problème est évidemment que d’autres Etats, y compris dans l’UE, sont fondés à interdire des partis.

Autre difficulté : Ankara ferme toujours ses ports et aéroports aux Chypriotes grecs. Est-elle surmontable ?

Nous avons eu d’excellentes discussions avec le chef de la diplomatie turc à ce sujet et nous avons insisté sur l’obligation à laquelle son pays est confronté. Nous refusons, en tout cas, tout lien entre ce dossier et d’autres, en gardant l’espoir qu’il se résoudra de lui-même dans le cadre d’un accord plus vaste sur la réunification de Chypre.

Nicolas Sarkozy reste opposé à une éventuelle adhésion turque.

Oui, comme pas mal d’autres dirigeants. Laissons se dérouler le débat. Il est d’une telle importance qu’il doit aller vraiment au fond des choses.

Selon vous, la Turquie fait clairement partie de l’Europe ?

Oui. A ceux qui me montrent une carte et tracent une ligne qui exclut ce pays, je demande : “Et où se situe Chypre, d’après vous ?”

Des négociations en vue de l’élargissement de l’Union à plusieurs autres Etats issus des Balkans se poursuivent. Votre pronostic ?

Les dossiers étaient bloqués il y a six mois. Ils ont connu une forte accélération. C’est important pour la stabilité de cette région. Avec la Croatie, nous avons refermé, lundi, cinq chapitres (28 sur 35 ont été ouverts, 17 entérinés). Et la Serbie dépose son dossier de candidature.

Niez-vous que l’élargissement indispose une partie des opinions européennes ? Que le non de la France et des Pays-Bas au traité constitutionnel, en 2005, ait été en partie causé par le refus d’autres élargissements ?

Des sondages ont démontré que le thème de l’élargissement n’est pas vraiment déterminant pour les citoyens. Depuis la naissance du Marché commun, tout élargissement a été contesté à un moment ou à un autre. Et le processus de l’élargissement continuera de jouer un rôle déterminant pour l’UE, du moins si elle entend jouer un rôle majeur sur la scène internationale. C’est la volonté et un véritable leadership politiques qui peuvent emporter les opinions.

Les Vingt-Sept veulent créer une vraie diplomatie européenne avec la mise en place du service extérieur, sous les ordres de Catherine Ashton. Ne craignez-vous pas que les “grands” Etats accaparent ce service ?

C’est la crainte d’une série de petits pays. J’espère que l’on recrutera les meilleurs pour ce service. Car les compétences sont largement distribuées dans toute l’Union. Plus fondamentalement, je crois qu’il faut que l’UE, qui s’est beaucoup occupée des questions institutionnelles au cours de la dernière décennie, s’occupe désormais des grandes questions politiques. Nous avons maintenant le fameux “numéro de téléphone” évoqué à l’époque par Henry Kissinger (en 1970).

Trois numéros de téléphone : la Commission, le président du Conseil, la haute représentante…

D’accord, trois numéros ! Mais le plus important est, désormais, que quelqu’un appelle Bruxelles. Dans le monde globalisé, l’Union doit devenir la force motrice du débat sur les grandes questions de ce monde : l’environnement, l’alimentation, la santé, le commerce… Ce sera la mission de Mme Ashton et notre mission à tous.

Propos recueillis par Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans Le Monde daté du 23.12.2009.

Fades nominations au sommet

Le Conseil Européen, l’organe réunissant les chefs d’Etats et de gouvernements des Etats Membres de l’UE, a procédé aux nominations découlant du Traité de Lisbonne ce jeudi 19 novembre 2009.

Herman Van Rompuy

Ils ont en effet nommé le Président du Conseil Européen, déjà Président de l’Europe pour la Presse. Cette haute fonction européenne sera donc occupée pour deux ans et demi par le Belge Herman Van Rompuy (prononcez “rompeuille”). Cet homme était jusqu’à présent le Premier Ministre du Royaume des Belges. Il avait réussi à sortir la Belgique de la crise politique dans laquelle elle s’était plongée à la suite des élections fédérales de 2007. Maintenant qu’il est élevé au rang de Secrétaire général des Etats, euh, pardon, de Président du Conseil Européen, la crise politique pourrait revenir rapidement en Belgique, notamment pour trouver un successeur à Van Rompuy. Le nom d’Yves Leterme est déjà avancé par les quotidiens Le Soir et La Libre Belgique.

Catherine Ashton

L’autre personne nommée hier est une femme, puisqu’il en fallait une dans le trio européen Président du Conseil Européen, Président de la Commission et Haut Représentant aux Affaires Étrangères. Elle est de gauche, puisqu’il fallait aussi quelqu’un de gauche dans ce même trio. Et c’est la Britannique travailliste Catherine Ashton qui a été capturée vivante dans cette véritable chasse à l’homme, ou plutôt chasse à la femme de gauche. Elle sera donc la ministre des affaires étrangères de l’UE. Aucune expérience en la matière, ce choix est étrange. Il relève en tout cas très bien la volonté des États de ne pas déléguer trop de pouvoirs en la matière. Catherine Ashton risque aussi de traîner avec elle le boulet Tony Blair ! En effet, Ashton était présidente de la chambre des Lords lorsque Tony Blair s’est empressé de suivre W Bush dans la guerre en Irak. Dernièrement, Catherine Ashton était commissaire européenne en charge du commerce. Elle avait remplacé le très controversé Peter Mandelson. Ashton sera donc également Vice-présidente de la Commission Européenne pendant les 5 prochaines années. Le duo Barroso – Ashton à la Commission est assez catastrophique pour l’avenir de l’Europe !

En nommant Van Rompuy à la Présidence du Conseil des 27, les dirigeants européens envoient un signal fort d’immobilisme à venir sur la scène européenne. Les chefs d’États et de gouvernements, Merkel et Sarkozy en tête, veulent continuer à avoir la main sur ce qui se fait en Europe. Espérons qu’en Van Rompuy sommeille un battant europhile convaincu qui se réveillera lors de sa prise de fonction le 1er janvier 2010… C’est beau de rêver !

Nice est mort ! Vive Lisbonne !

vaclav-klausEnfin !! Le Président europhobe de la République Tchèque Vaclav Klaus s’est enfin décidé à signer le Traité de Lisbonne mettant ainsi fin à une décennie de tentatives de réforme des institutions européennes ! Le plus étonnant finalement, c’est la rapidité avec laquelle il s’est exécuté une fois que la Cour Constitutionnelle tchèque a rendu sa sentence. Le Traité de Lisbonne entrera donc en vigueur le 1er décembre 2009. On retiendra pour la petite histoire qu’aucune photo n’a pu être prise pendant que le président Klaus paraphait le texte européen mais selon quelques journalistes, il était vêtu tout de noir avant de faire une déclaration stupide comme il en a le secret !

Le traité de Nice va donc enfin disparaître et laisser place au Traité de Lisbonne !

Alors que nous sommes entrain de préparer la célébration des 20 ans de la Chute du mur de Berlin, événement hautement symbolique pour l’unité européenne, voire le plus symbolique, il faudra maintenant retenir le 3 novembre 2009 comme la date qui fait entrer l’Union Européenne dans une nouvelle ère. C’est tout simplement un événement historique que nous vivons. La volonté de construire encore et toujours l’Europe a tenu tête au scepticisme et au nationalisme des dirigeants européens les plus hostiles à nos idéaux. Nous devons nous réjouir. Il s’agit de notre victoire !

europeEspérons que l’Europe pourra désormais aller de l’avant sereinement en évitant les trop nombreuses embuches du passé ! Espérons que notre projet, l’Europe fédérale, puisse triompher aussi rapidement que l’Europe le pourra ! Espérons enfin que les citoyens européens sauront apprécier cette nouvelle Europe !

Les Fédéralistes envoient au Président de la République Tchèque 27 stylos et lui demandent de signer le Traité de Lisbonne

klaus-demande-signatureLes 27 Etats membres de l’Union européenne vont chacun envoyer un stylo au Président Klaus en lui demandant de signer le Traité de Lisbonne sans délai.

Les Présidents des 27 sections de la JEF-Europe (Jeunes Européens Fédéralistes), y compris de République Tchèque, enverront ce jeudi 15 octobre une lettre au Président Klaus avec un stylo européen, l’encourageant à signer le Traité.

Selon Toni Giugliano, Vice-Président de l’organisation fédéraliste et coordinateur de la campagne YES2LISBON, « l’Europe a été freinée assez longtemps. Klaus cherche simplement des moyens de la ralentir encore plus ».

Paris

Paris

« Il a d’abord choisi d’attendre le résultat du référendum irlandais. Ensuite il ignore complètement le cri irlandais pour un changement en Europe. Maintenant il ignore même le souhait des deux chambres du Parlement tchèque, provoquant des réunions du cabinet tchèque en sessions d’urgence.

La tentative de dernière minute de Klaus d’ajouter des notes de bas de pages au Traité est encore plus pathétique. Il dépasse complètement ses compétences constitutionnelles de Président. Nous commençons à nous demander si ce n’est pas David Cameron qui tire les ficelles »

Madrid

Madrid

Pour David Neuwirth, Président de la JEF République Tchèque, « par cette action, nous demandons à notre Président de respecter le souhait du peuple tchèque. Les deux chambres du Parlement ont clairement voté en faveur du Traité et la Cour constitutionnelle a déjà affirmé sa compatibilité avec l’ordre juridique tchèque.

Des données récentes de SANEP (Centre tchèque d’analyses et de recherche empirique) montre qu’environ 43% des Tchèques souhaitent que Klaus signe immédiatement le Traité de Lisbonne. Encore plus significatif est le chiffre de 55% de Tchèques qui voteraient en faveur du Traité en cas de référendum.

Une fois que la Cour aura répété sa décision concernant le Traité, il devra respecter cette décision », ajoute David Neuwirth.

La Valette

La Valette

Londres

Londres

Helsinki

Helsinki

Budapest

Budapest

Kaczynski a signé ! Klaus, 500 millions de citoyens t’attendent !

Lech Kaczynski signant le Traité de Lisbonne

Lech Kaczynski signant le Traité de Lisbonne - REUTERS/PETER ANDREWS

Aujourd’hui est en grand jour pour la Pologne ! Son président eurosceptique Lech Kaczynski a signé le Traité de Lisbonne. Il y a maintenant 26 pays sur 27 qui ont ratifié complètement le Traité de Lisbonne qui va permettre à l’Union Européenne de fonctionner plus démocratiquement.

Cette signature arrive après le vote largement positif du peuple Irlandais sur le même Traité il y a une semaine. Cette signature d’un des derniers opposants au Traité réformateur de l’Union Européenne met encore un peu plus Vaclav Klaus à l’écart des dirigeants européens et par là-même, malheureusement, le peuple Tchèque. Il est donc urgent pour le Président Tchèque d’imiter son homologue polonais qui a fait contre mauvaise fortune bon cœur en ratifiant ce traité. Kaczynski avait en effet conditionné sa signature du Traité de Lisbonne au vote positif des Irlandais. Chose étant faite, il s’est exécuté. “Le changement de décision du peuple irlandais a fait que le traité a repris vie et qu’il n’y a plus d’obstacles pour le ratifier”, a déclaré M. Kaczynski.

Vaclav Klaus

Vaclav Klaus

Ce ne sont pas moins de 500 millions de citoyens européens qui attendent maintenant que l’eurosceptique président Klaus veuille bien apposer sa griffe sur le Traité de Lisbonne. Klaus aura usé de tous les stratagèmes possibles et imaginables pour repousser ce traité. Sa nouvelle lubie : écarter pour son pays l’application de la Charte des Droits fondamentaux de l’Union Européenne. S’il obtient gain de cause, il fera de la République Tchèque le troisième pays à avoir botter en touche ce texte protecteur (après le Royaume-Uni et la Pologne). Cet opting-out est réclamé, soit disant, pour ne pas pouvoir remettre en cause les décrets Edvard Benès et ainsi éviter aux trois millions d’Allemands des Sudètes de pouvoir réclamer leurs biens dont ils ont été dépossédés en 1945. Rappel : le président Edvard Beneš prend, en 1945, les décrets Beneš qui, en application de la conférence de Potsdam, expulsent du territoire tchécoslovaque les minorités allemandes et hongroises et confisquent leurs biens, en échange de quoi, l’État tchécoslovaque ne réclame pas de dommages de guerre à l’Allemagne vaincue.

L’article de la Charte des Droits Fondamentaux relatif au droit de propriété dispose que “toute personne a le droit de jouir de la propriété des biens qu’elle a acquis légalement, de les utiliser, d’en disposer et de les léguer. Nul ne peut être privé de sa propriété, si ce n’est pour cause d’utilité publique, dans des cas et conditions prévus par une loi et moyennant en temps utile une juste indemnité pour sa perte. L’usage des biens peut être réglementé par la loi dans la mesure nécessaire à l’intérêt général”.

Vaclav Klaus souhaite donc priver son peuple de tous les bénéfices de la Charte des Droits Fondamentaux alors que comme le dit très bien l’article, une loi peut garantir les décrets Benès. Mais en réalité, c’est un coup de plus porté à l’Union Européenne. Cet homme osera-t-il encore longtemps bloquer la volonté de 500 millions de citoyens ?

Klaus, le peuple a parlé ! Maintenant signe et tais-toi !

LE TREMBLEMENT DE TERRE ÉLECTORAL DE DUBLIN

cropped-logo-internet-10European Youth for an Irish Yes (La jeunesse européenne pour un oui Irlandais) a célébré le formidable vote de confiance des Irlandais du vendredi 2 octobre 2009 envers le Traité de Lisbonne et l’intégration européenne. Ils l’ont accueilli comme un résultat exceptionnel.

67% du peuple Irlandais a voté Oui avec une participation de 58%, la plus haute participation sur un référendum européen depuis le Traité de Maastricht de 1992.

La JEF-Europe (Les Jeunes Européens Fédéralistes) a fait campagne pour le oui dans les rues de Dublin sous les couleurs du réseau « European Youth for an Irish Yes » et a attiré l’attention de nombreux médias à travers l’Europe et le monde.

yes lisbonCommentant les résultats, Toni Giugliano, leader de l’European Youth for an Irish Yes, a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un vote Oui ordinaire. « C’est un tremblement de terre électoral dont les vibrations seront ressenties à travers toutes les capitales européennes ! Il n’y a aucun doute sur le fait que ce vote majeur de confiance envers l’Union Européenne et l’intégration européenne doit être regardé comme un aboutissement. »

« L’Irlande a encore une fois rappelé la confiance qu’elle a en l’UE en votant massivement en faveur du Traité. Quelques militants du Oui avaient prédits une victoire du oui à deux contre un. Les mensonges de la campagne du non ont clairement été exposés et n’ont pas fonctionnés avec le peuple Irlandais. »

« Après des années de votes Non, de rejets et de pauses de réflexions, l’UE peut enfin prendre un bol d’air frais et aller de l’avant en regardant vers le futur. »

yes lisbonneSamuele Pii, Président de la JEF-Europe a déclaré qu’”il était évident de remarquer en faisant campagne à travers les rues de Dublin que les Irlandais voulaient une Europe plus forte qui travaille pour leurs intérêts. Ils ont simplement réalisé que l’Irlande seule ne pouvait pas résoudre les nombreux problèmes auxquels l’Europe et le monde doivent actuellement faire face.”

Les Irlandais sont le seul peuple d’Europe à s’être exprimé directement sur le Traité. Il est donc maintenant temps pour la Pologne et la République Tchèque de respecter ce vote et de signer le traité sans délai.

Le message ne peut pas être plus clair pour Klaus. Le peuple a parlé, signe et tais-toi ! Notre campagne continuera dans tous les pays de l’UE où le Traité de Lisbonne doit être ratifié et ceci jusqu’à ce que le traité entre pleinement en vigueur.

Si Lisbonne est ratifié cette année, cela achèvera un cycle de 10 ans qui a commencé lors du Conseil Européen de Cologne de 1999 qui annonçait une réforme et une démocratisation des institutions de l’UE et des procédures de prise de décisions.

Andrew Duff

Andrew Duff

Le député européen Andrew Duff (ADLE, UK), Président de l’Union Européenne des Fédéralistes et membre de l’intergroupe fédéraliste au Parlement Européen a ajouté que « le peuple Irlandais s’est exprimé fortement et clairement pour plus d’Europe. Tous ceux qui aiment l’Europe s’en réjouissent. Maintenant, enfin, nous allons pouvoir aller de l’avant ! »

Barroso pour 5 ans

barroso réélectionHier, mercredi 16 septembre 2009, s’est tenue l’élection tant attendue pour certains et si redoutée pour d’autres. C’est en effet hier que le Parlement Européen s’est exprimé sur la reconduction du Président de la Commission Européenne pour un nouveau mandat de 5 ans.

Et il n’y a eu aucun miracle. L’ancien Premier ministre portugais a été réélu “dans un fauteuil” pour reprendre l’expression de Jean Quatremer. Avec 382 voix pour, 219 contre et 117 abstentions (+18 absents). La majorité simple en vigueur avec le Traité de Nice est donc atteinte largement. Et mieux, la majorité du Traité de Lisbonne de 369 voix est aussi dépassée.

Une chose est sûre, les abstentionnistes ont fait le jeu de Barroso. Car si l’on ajoute les voix contre et les abstentions, M. Barroso serait rentré chez lui. Comment a-t-il pu atteindre une telle majorité ? Et bien en ratissant large. Il a obtenu les voix du groupe PPE, normal puisqu’il est du PPE, mais aussi de l’ERC (les Conservateurs), d’une partie de l’ALDE (Guy Verhofstadt a assuré Barroso d’un soutien du groupe ALDE mais ses troupes n’ont apparemment pas toutes suivies : les députés français du MoDem et les Italiens d’Italia dei Valori s’y sont opposés), mais aussi du PSE ! Lire la suite »

La réélection sans débat du président de la Commission,une menace pour l’Europe sociale et écologique

Sylvie Goulard et Daniel Cohn-Bendit

Sylvie Goulard et Daniel Cohn-Bendit

Circulez, y a rien à voir. L’Union européenne (UE) choisit le président de la Commission pour les cinq ans à venir mais, surtout, parlons-en le moins possible. Les élections européennes ont été une occasion ratée de mener ce débat : les enjeux nationaux ont dominé la campagne tandis que les partis socialistes européens se gardaient de proposer un candidat qui aurait pu incarner le renouveau. Et cela continue, sous la pression des vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement qui, dans une belle unanimité, poussent à la reconduction de José Manuel Barroso. Sa famille – le Parti populaire européen (PPE), l’UMP en France – est arrivée en tête aux élections ; elle constitue le plus grand groupe parlementaire. Le Parlement n’aurait plus qu’à avaliser ce choix. Circulez, y a rien à voir ? Pas si sûr. Lire la suite »

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