L’élection de Barack Obama, un défi pour l’Union Européenne


photo-michelotLes Jeunes Européens – Lyon ont reçu, pour leur Café européen sur le thème des relations entre l’Union Européenne et les États-Unis, M. le Professeur Vincent Michelot, spécialiste des États-Unis, Conseiller du bureau Amérique du Ministère des affaires étrangères et professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon.

Le mercredi 4 février, Vincent Michelot, professeur à l’IEP de Lyon et spécialiste des Etats-Unis, a fait le point sur l’avenir des relations entre les Etats-Unis et l’Europe, témoignant, pour commencer, d’une certaine perplexité devant le sujet du débat : l’Europe n’a rien d’une priorité pour l’administration américaine. Devant des dossiers de politique extérieure urgents et complexes, tel le conflit israélo-palestinien, en tête des préoccupations diplomatiques, le retrait d’Irak et la situation en Afghanistan, qui se partagent la seconde place, les relations avec l’Iran, à quoi l’on peut ajouter les rapports avec la Chine, et la question de l’Alena, compte tenu des délocalisations au Mexique et au Canada, on conçoit que l’Europe, qui ne représente ni un danger, ni une menace pour la sécurité du monde, soit reléguée au mieux en septième position.

Absente des discours de campagne, l’Europe entre néanmoins dans les desseins de la Maison Blanche, comme un adjuvant essentiel au règlement de certains dossiers. Après avoir appelé les pays européens à accueillir des prisonniers de Guantanamo, le discours de Barack Obama le 3 avril à Strasbourg devrait encore demander la coopération de l’Europe, cette fois sur le dossier Afghan. Les Etats-Unis souhaitent en effet une augmentation des effectifs militaires européens sur le terrain. Par ailleurs, le président est susceptible de solliciter une aide financière pour la reconstruction de l’Irak. Au-delà des questions diplomatiques, on ne peut nier les intérêts communs, accrus par le contexte économique actuel, qui appellent à la constitution d’un axe Etats-Unis – Union Européenne. Malgré des différences de vues majeures, sur l’utilisation de la force armée, devant laquelle les européens se montrent réticents, sur la menace russe, qui inquiète peu les Etats-Unis, et une dissymétrie dans les rapports, née de la responsabilité disproportionnée dans le concert des nations attribuée au président américain, une coopération plus étroite semble, à long terme, fructueuse.

L’Europe est ainsi importante aux yeux de l’administration américaine, par le soutien qu’elle lui peut apporter. Reste à savoir si elle répondra unie à cette sollicitation, et c’est peut être tout l’enjeu des relations entre les deux continents. La question iranienne en particulier va sonder la capacité de l’Union à parler d’une seule voix et à construire une diplomatie européenne. La conclusion de l’intervention a sonné comme un appel aux dirigeants européens : l’élection de Barack Obama sera un accélérateur de l’intégration européenne ou un révélateur de notre incapacité à construire une diplomatie homogène et puissante.

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