Législatives anticipées en Grèce


Kostas Karamanlis (ND)

Kostas Karamanlis (ND)

Deux ans, à peine, après avoir reconduit, de justesse, la droite au pouvoir, la Grèce va de nouveau se rendre aux urnes, probablement le 4 octobre. Le premier ministre, Kostas Karamanlis, a invoqué la crise économique pour justifier, mercredi 2 septembre, l’organisation de législatives anticipées, écourtant son mandat de deux ans.

Selon Kostas Karamanlis, le ralentissement économique annonce « deux années difficiles ». A l’exception d’une parenthèse d’instabilité de 1989 à 1990, une telle précipitation électorale est inédite depuis le retour de la Grèce à la démocratie en 1974.

Devancé de six points, dans les derniers sondages, par son rival socialiste, Georges Papandréou, « M. Karamanlis n’avait pas le choix », juge un analyste de l’institut Opinion. Le gouvernement ND (Nouvelle Démocratie) est affaibli par des scandales de corruption qui ont poussé trois ministres à la démission depuis 2007 et par les troubles sociaux qui ont dégénéré en violences urbaines en décembre 2008. Qualifiée de Maillon Faible de la zone euro, la Grèce peine à rétablir une certaine discipline budgétaire.

De plus, mathématiquement les socialistes grecs ont toutes les chances d’avoir un Président de la République issu du Pasok lors des prochaines élections présidentielles de mars 2010, ce qui aurait pû provoquer une élection anticipée.

« Il est certain que le timing n’est pas favorable », souligne un analyste, d’autant que le gouvernement se relève à peine des incendies qui ont ravagé, fin août, le pourtour d’Athènes, lui valant d’être accusé d’incurie. De nombreux ténors conservateurs ont tenté de s’opposer au choix de M. Karamanlis, dénoncé comme un « suicide » politique.

Georges Papandreou (Pasok)

Georges Papandreou (Pasok)

Certes, les socialistes du Pasok ont réussi à remonter la pente depuis leur éviction du pouvoir en 2004. Mais le parti ne soulève pas l’enthousiasme, pas plus que son chef, élu avant tout sur son nom, celui de son père et premier dirigeant socialiste du pays, Andréas Papandréou.

Les analystes n’excluent pas, du coup, une victoire sans majorité absolue, qui compromettrait la réussite des réformes économiques. Dans l’immédiat, les deux rivaux n’ont pas perdu une minute pour tenter de galvaniser leurs partisans. Voter socialiste serait opter pour « l’irresponsabilité et l’irréalisme », a lancé M. Karamanlis. « Le gouvernement s’est effondré sous le poids de ses échecs « , a rétorqué M. Papandréou.

Le début de l’automne s’annonce donc plein d’enjeux électoraux car après les Portugais et les Allemands qui se rendent aux urnes le 27 septembre et le référendum irlandais sur le traité de Lisbonne le 2 octobre, ce sont donc les Grecs qui voteront le 4 octobre.

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Une réflexion sur “Législatives anticipées en Grèce

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