Lutte contre le terrorisme : faut-il autoriser les scanners corporels ?


Si les scanners corporels doivent être introduits, alors ils doivent être rendus obligatoires dans toute l’UE. Mais avant, il faut être sûr de leur efficacité et de leur inocuité et s’assurer qu’ils ne portent pas atteinte à la vie privée. C’est en substance la conclusion du débat du 10 février au Parlement Européen. Une étude de la Commission Européenne sera présentée en avril.

Le risque d’attaques terroristes en Europe n’a pas baissé, et le transport aérien en est une des cibles principales. L’incident du vol Amsterdam-Detroit en décembre en est l’exemple le plus récent.

L’efficacité des portiques de sécurité est-elle donc en cause ? Faut-il instaurer des scanners corporels dans les aéroports, qui permettent de voir les passagers comme nus ?

C’est la question que se posent les députés européens. « Les terroristes innovent toujours, nous devons donc innover également », a plaidé Alfredo Pérez Rubalcaba, ministre de l’intérieur espagnol, au nom de la Présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne. Mais avant de mettre en place des scanners corporels, il convient « de déterminer s’ils sont efficaces, compatibles avec le droit à la vie privée et s’ils n’ont pas d’incidence sur la santé ».

Sécurité vs. droit à la vie privée

Tous les députés ont été d’accord pour dire que l’introduction de scanners corporels uniquement dans certains pays ou aéroports ne pouvait apporter aucun résultat. En somme, la logique du « tout ou rien » : soit on les rend obligatoire partout, soit on les supprime. Et là, les avis étaient partagés.

« Il faut cesser de donner l’impression que les scanners corporels sont 100 % fiables. Parfois, les objets sont dans le corps et non sur le corps », s’est emporté le député Saïd El Khadraoui (S&D – NL), faisant référence à la possibilité d’ingérer des substances explosives. « C’est la première fois que des radiations ionisantes sont imposées à des gens », s’inquiète de son côté Charles Tannock (ERC – UK), pointant les dangers pour la santé.

En face, certains députés ne partagent pas ces inquiétudes. Selon Teresa Jiménez-Becerril Barrio (PPE- ES), qui a perdu des proches dans un attentat perpétré par l’ETA, « ceux qui parlent des droits fondamentaux ne doivent pas oublier que le droit à la vie en est le plus fondamental, qui passe bien avant les autres ».

Que va décider l’Union européenne ?

Siim Kallas

Le commissaire européen chargé des transports, Siim Kallas, présent lors du débat, a affirmé que les scanners corporels ne seraient pas rendus obligatoires dans les aéroports pour l’instant (ils sont de facto déjà utilisés dans certains aéroports). La Commission européenne devrait présenter une étude sur l’ensemble des questions soulevées par cette technologie au mois d’avril.

Cecilia Malmström

Cecilia Malmström, commissaire européenne aux affaires intérieures, a annoncé qu’elle commanderait une évaluation des mesures antiterroristes européennes pour analyser leurs manques et les éventuels chevauchements. Elle verra ensuite quelles mesures législatives sont nécessaires.

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