« Kaczynski est mort, vive Kaczynski ! » ou pas…

Jaroslaw Kaczynski

C’est un peu ce qui pourrait arriver en Pologne au soir des élections présidentielles prévues le 20 juin (et peut-être le 4 juillet) prochain !

En effet, Jaroslaw Kaczynski, le frère jumeau du président Lech Kaczynski mort dans l’accident mortel de son Tupolev présidentiel, s’est porté candidat à l’élection présidentielle !
Jaroslaw Kaczynski est tout aussi conservateur et europhobe que son frère. Il était d’ailleurs le premier Premier Ministre de son Président de jumeau avant la cohabitation avec la Plateforme civique de Donald Tusk.

Donald Tusk

Si les Polonais pourraient a priori être tentés de faire confiance à un autre Kaczynski, ressemblant en tout point au premier, les sondages actuels disent le contraire.

Rappelons que 2 jours avant le krach du Tupolev, Bronislaw Komorowski était investi candidat à la présidentielle pour la Plateforme Civique (PO). L’élection devait intervenir à la fin de l’année 2010. Et il était prévu pour lui de s’opposer fermement au Président en place qui devait à l’évidence se représenter pour un second mandat.

Lech Kaczynski

On le sait, l’histoire en a décidé autrement et l’accident a précipité les choses. Komorowski se retrouve propulsé Président par intérim. S’il devait affronter un Kaczynski à l’automne, qu’il se rassure, il en affrontera bien un au début de l’été.

Certes, Lech Kaczynski n’avait plus guère de chance de se faire réélire, tant les frasques de son parti, le PiS (Droit et Justice), ont fini par lasser les Polonais.

C’est ainsi que même après le drame de Smolensk, qui aurait pu réveiller une compassion du peuple pour le Président défunt, et donc pour son jumeau survivant, les sondages restent favorables au parti du Premier Ministre et du Président par intérim.

Bronislaw Komorowski

Komorowski est crédité de 55% d’intentions de vote alors que Jaroslaw Kaczynski n’obtiendrait que 32%. Il n’y aurait ainsi qu’un seul tour à cette élection.

Cela montre que les Polonais ne se sont pas laissé séduire par Kaczynski II. Mais comme le dit très bien Jean Quatremer, « la campagne ne fait que commencer et elle peut réserver des surprises ».

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