OUI AU TRAITE DE LISBONNE

Lundi 4 février 2008, la France a rendez-vous avec son futur. Les sénateurs et les députés vont se retrouver dans la même assemblée pour la ratification du Traité de Lisbonne. Ils se réuniront donc à Versailles, dans la salle du Congrès. Nos parlementaires nationaux devront voter une modification de la Constitution française pour mettre en conformité l’ordre juridique interne avec les réformes du système juridique européen communautaire. 

Alors on a entendu les consignes de vote des principaux partis politiques. La droite votera majoritairement pour, le centre et les démocrates voteront certainement pour à l’unanimité et la gauche est divisée. Il faut 3/5è de votes oui pour pouvoir procéder à la ratification. Depuis les élections législatives de Juin 2007, on sait que la droite au pouvoir, ne pourra pas à elle seule procéder à la ratification, étant donné qu’ils représentent moins des 3/5è. Il faudra donc compter sur les voix des autres parlementaires pour valider l’adoption du Traité de Lisbonne signé par les 27 chefs d’Etats et de gouvernements le 13 décembre dernier à Lisbonne. Vous l’aurez compris, le problème se situe à gauche. Il ne faudra pas compter sur les Communistes. Il ne faudra pas compter non plus sur la branche gauche du Parti Socialiste. Les amis de Mélenchon, Fabius and co voteront contre. D’autres, ne se rendront pas au Congrès. Enfin, une autre partie du PS votera pour. J’oubliais aussi ceux qui iront à Versailles pour s’abstenir.

Le vote sera donc serré mais devrait tout de même être majoritairement pour. Mais je voulais revenir sur les manifestations des ex-nonistes, des anti-libéraux, des militants d’Attac et de tous les autres détracteurs de gauche. Ils vont vouloir se faire entendre à Versailles lundi. Mais les Européens convaincus, avec les Fédéralistes, seront aussi présents à Versailles pour faire entendre aux parlementaires que les Français soutiennent cette ratification. Il n’y a pas que des personnes contre l’Europe. L’argument de ces détractaires de l’Europe selon lequel il ne faut pas ratifier par voie parlementaire en tient pas vraiment. Eux, ils veulent un référendum pour pouvoir redire Non, comme en 2005. Et ils auront certainement gain de cause puisqu’ils savent très bien transformer un enjeu européen en un plébiscite pour ou contre le chef de l’Etat. Vu la conjoncture politique actuelle, il y a fort à parier que le Non à Sarkozy l’emporterait. Ils disent qu’ils veulent un référendum parce que seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait. Mais, la campagne électorale de mai et de juin a pourtant été claire. Voter pour le Président actuel et pour sa majorité derrière signifiait bien une ratification parlementaire. De plus, il ne faut pas oublier non plus que les parlementaires sont élus par le peuple (la majorité d’entre eux élus directement). La ratification parlementaire est donc belle et bien légitime.

Cela dit, les Jeunes Européens – Lyon auraient bien voulu refaire une campagne référendaire. Je m’explique, il fallait organiser un référendum pan-européen. Il fallait convoquer aux urnes, l’ensemble des citoyens Européens, la même semaine, dans une circonscription unique. Si plus de 50% des citoyens validaient le traité de Lisbonne, alors les Chefs d’Etats et de gouvernements auraient eu l’obligation de procéder au dépôt de l’instrument de ratification. Ce référendum pan-européen est défendu depuis mars 2007 par l’ensemble des Jeunes Européens Fédéralistes en Europe.

Il faut donc que la France ratifie après-demain ce traité pour se relancer dans l’Union Européenne. Depuis 2005, la France ne pèse plus rien en Europe politiquement. Parce que l’Europe à 27 doit absolument sortir du système du Traité de Nice qui oblige la prise de décisions à l’unanimité dans trop de domaines, les parlementaires doivent dire oui. Ils doivent le faire pour arrêter le système intergouvernementaliste de l’UE et aussi pour pouvoir enfin prendre des décisions claires sans tomber dans des consensus qui vident de tout leur sens les propositions européennes puisqu’il faut se mettre d’accord à 27.

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