Allonger la durée du congé maternité ?

Les congés maternité diffèrent d’un Etat à l’autre. La législation européenne prévoit une durée minimale de 14 semaines mais certains députés européens souhaitent qu’elle soit portée à 20 semaines, plus deux semaines de congé paternité. D’autres députés craignent les coûts de telles mesures ainsi que la discrimination des femmes sur le marché du travail. Les députés européens en débattent cette semaine en séance plénière.

Comment protéger au mieux les jeunes parents ? Si le but est partagé par tout le monde, les moyens d’y arriver sont beaucoup plus sujets à controverse. L’augmentation du congé maternité minimal en Europe permettrait de laisser plus de temps aux femmes pour récupérer de leur accouchement, donner le sein et construire un lien fort avec leur enfant. Dans le même temps, il ne faut pas que de telles mesures rebutent les employeurs et deviennent un obstacle à l’emploi des jeunes femmes.

Coûts vs. bénéfices

Marije Cornelissen (Verts - NL)

C’est ce débat qui fait rage depuis près de deux ans au Parlement européen. En 2008, la Commission européenne a proposé d’augmenter la durée minimale du congé maternité de 14 à 18 semaines. Elle recommandait par ailleurs une rémunération à taux plein pendant toute cette période.

Face à cela, certains élus ont demandé un congé plus long (20 semaines minimum) et une obligation de conserver la rémunération à taux plein. C’est ce qu’a prôné un rapport voté en commission parlementaire des droits de la femme en février dernier.

Face à des inquiétudes sur les coûts et impacts de telles mesures, une analyse a été commandée. Elle révèle que les coûts varient entre 0 et 5 000 € par personne en fonction des Etats, de la durée et du montant des allocations, etc.

Cela aidera-t-il les députés européens à prendre une décision ? « Les coûts peuvent être résumés dans des chiffres concis, pas les bénéfices », critique la Néerlandaise Marije Cornelissen (Verts).

Deux semaines pour les pères

Edite Estrela (S&D - PT)

Le rapport – rédigé par la Portugaise Edite Estrela (S&D) – appelle par ailleurs à un congé paternité de deux semaines au nom de l’égalité entre les sexes et la conciliation entre vie privée et vie professionnelle. Actuellement, il n’y a en effet pas de règle minimale en Europe. Cette proposition est critiquée par certains élus qui estiment qu’elle n’a pas sa place dans une réglementation sur « la santé et la sécurité des femmes enceintes ».

L’interdiction de licenciement dans les six mois suivant un congé maternité, le travail de nuit et les heures supplémentaires sont également abordés dans le rapport. Qu’en sera-t-il cependant du texte après le vote en plénière ? Difficile à dire, tant les amendements risquent d’être nombreux et les votes serrés. Des rebondissements peuvent encore intervenir…

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